A Louis Richardeau, l'enfance sorinnoise...

Mon cher Louis, 

 

Je me souviens de nos adolescences juvéniles, des pêkets chez Fine, de tes notes de piano sur le piano de la maison des Ruelles qui fredonnaient les chansons de Françoise de ta toccata de Bach aux grandes orgues de notre village, de ces villageois qui façonnèrent notre jeunesse: Aimable et la pétarade de sa moto avec ses peaux de lapin brûlés dans le poêle Crapeau, le p'tit Cien, géomètre expert en jardinage et sa fonction d'échevin de l'instruction publique qui ne savait ni d'Eve, ni d'Adam l'orthographe française, le René Mossiat avec son accordéon sur les planches de la Guinguette, Raoul et Elisabeth  avec leur tire à pipes dont on inversait les plombs, la première danse chez Dubois avec les maîtres jeunes hommes et leurs cocardes, le Saint-Nicolas au pied de la barrière de ma maison avec les coups de fouets sur la fenêtre avant qui apeuraient ma soeur, les "congères" sur la route de Corrioule, les descentes à traîneau tout tombeau ouvert sur la grande prairie de "chez l'Teur, son accent mélangé de français et de patois flamand, la petite Rosa,qui "kléppait " pour l'homme de sa vie, et puis nos sorties de jeunes ados révolutionnant les amours tourmentées d'Adelin et Juliette, le fameux Képenne, aventurier toujours, les soirées de concert de pièces walonnes à la salle disparue...les enfermements d'enfants de coeur dans la grande armoire de la sacristie, le cercueil qu'on enfournait sous le catafalque et qui faisait trembler nos jeunes mollets, les poires du maître Hébette, nos sorties trois par trois, la fumée de ses cigarettes pour nous montrer la direction des vents, le journal "tout simplement", les cachets et tampons, les pieds endoloris autour du poêle à charbon...le voyage sur la lune...

 

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 Je me souviens des jurons de Joseph Morimont sur les chevaux infortunés qui tiraient sa faucheuse avec les cordes emmêlées...

 

L'avenir est fait des cendres de l'enfance...

 

Je me souviens du petit Joseph qui n'avait qu'une orange de Saint-Nicolas....ah ces soirées chez les parents Mossiat et nos sorties adolescentes à l'Etable près de Sart-Bernard... les Bruxellois de la grande maison des Nys, leurs filles en guise de compagnes flirteuses, la Tity rayonnante, Eugène, le "vacher", Isaac, le "bossu, le Grand Jacques avec son drapeau wallon à nos processions, le temps humain n'a pas soufflé sur nos souvenirs...

 

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 guy, 2ème à la gauche du Maître Hébette....le petit Joseph flèché...

 

Il est toujours là, fidèle comme une ombre, comme nous avoir façonné ce que nous étions et ce que nous sommes...soixante ans après...le temps humain... qui nous empêche de le vivre?...

 

Je me souviens de ta petite Marie-Claire comme si c'était hier, je me souviens de ses amours et de ses peurs...Le temps humain se mesure en secondes d'éternité...



14/10/2017
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