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Il n'est pas de montagne plus haute que les marches de l'oubli

Afrique des fiers tirailleurs sénégalais, de l'élégance nègre, je te quitte pour toujours...

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Kinshasa : 23 septembre 1969 - 11 juillet 1972...  Belgique/ France - Sénégal :  13 décembre 2013 - 25 mai 2020...

 

ll faudra bien...

 

te quitter pour toujours...

oublier la chair de ta peau qui est faite du parfum des rencontres des hommes

pauvres et nus...

 

me résoudre à vivre ici dans la nostalgie de toi...

 

ici, il n'y a pas de lune dans le ciel de mes nuits d'insomnies tracassières...

il n'y a que des gens pressés qui ont une montre et qui n'ont pas le temps.

 

Toi, mon Afrique, qu'est-ce que je t'aurai aimée ! Qu'est-ce que j'aurais aimé m'endormir dans ton corps...

 

Je repenserai toujours à ces femmes et à ce garçon que j'ai appris à aimer infiniment,

avec le temps qui passe, on oublie l'amour et le chagrin des hommes.

 

Je suis à des milliards d'années de toi et je sens encore la chaleur de ton sang dans mes veines bleues..

 

Je sais, chez vous, les pirogues s'en vont, les pirogues s'en viennent et le temps vous inonde du bonheur du monde qui est plus éclairant qu'un quinquet de taverne...

 

Ici... il n'y a plus rien ! Un vague clair de lune à l'horizon qui transperce des nuages étourdis chargés de pluies...

 

Ici... les gens se racrapotent dans le carrousel infernal du temps qui passe...

 

Ici... les hommes ne savent plus s'ils sont des hommes ou des animaux sans sexe...

 

Ici... il y a bien quelques promeneurs de chiens fatigués et maraudeurs qui reniflent les odeurs des autres.. 

 

Et je me languirai toujours de t'avoir perdue, abandonnée, trahie...

 

Afrique, je te connais depuis 52 ans, un roman d'amour, de mon étourdie jeunesse à ma vieillesse folle et vagabonde que je ne contrôle plus...

 

Et bientôt, la vieille Europe cachera mon corps sous des murs de béton dans un cercueil de bois blanc rempli des ombres de mes pères pendant que chez toi des moutons et des zébus étourdis inonderont vos rues de leurs va-et-vient infinis.

 

Ici... mes regrets ont pris la place de mes rêves insensés de finitude.

 

DE TOI, seule la mort me guérira des blessures de mon âme de l'amour de TOI...

 

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sans jamais dire ton nom, sans jamais parler de toi, sans revenir sur mes pas, sans parler à ta mémoire, s'il est vrai que le temps qui passe est à l'amour ce que le vent est à la flamme, sans jamais parler du jour où je n'ai aimé que toi...



24/05/2021
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