www.guywilmotte.com

Il n'est pas de montagne plus haute que les marches de l'oubli

Belgique3

L'abbé Robert Pourbaix





L'abbé Pourbaix était aussi un de ces hommes passionnés, il s'était épris de l'histoire de ces mineurs de fond qui firent notre histoire.Il veilla à la perpétuation de leur mémoire en créant le musée de la mine à Bois-du-Luc.


Il assurait aussi la pastorale dans mon collège, c'est à lui que revint après le départ du dernier prêtre Marc Selvais de coordonner toutes les activités religieuses pour nos élèves. Dans nos couloirs, il était à l'affût du moindre petit bobo de nos élèves,  de la moindre tristesse de l'un d'entre nous, il avait pour chacun les mots qui venaient du coeur.La douceur de ses paroles et de ses attitudes restera comme une ombre fabuleuse. Ses funérailles furent à la mesure de son sacerdoce, saluées par une foule infinie d'anonymes.

Monsieur l'abbé, vous aussi, êtes entré dans la cour des grands!

(je lui ferai bientôt un diaporama souvenir sur Bois-du-Luc)



l'Abbé Freddy Lebrun

Encore un de ces abbés  "porteur de bonne nouvelle" qui marquera le souvenir de beaucoup de collègues et d'élèves.

L'abbé Freddy Lebrun donnait essentiellement les cours de religion.Fils d'agriculteurs, c'était un garçon fougueux, passionné d'art et de littérature religieuse.Contrairement à Michel Fagot, Freddy ne quitta que très rarement l'habit de prêtre...



Par ses racines, il avait fait fi de tout qu'en-dira-t-on et la silhouette de sa longue chasuble noire habitera encore longtemps ses administrés de Manage et de ses environs.Je compare volontiers son allure à celle de Peter Daens.
Un homme qui affirmait  toutes ses convictions jusqu'à la limite de l'intolérance...

Il y avait cependant en lui quelque chose de juvénile, il avait pu préserver l'esprit  d'étudiant universitaire avec toute la noblesse de la  penne.

Son bureau dans mon collège était un vrai capharnaüm, sa grande bibliothèque qui occupait tous ses murs ne suffisait pas, des livres gisaient partout au milieu d'icônes grecques ramenées de voyages scolaires.


Chaque collègue, dans quelque discipline qu'il enseignait pouvait y dénicher la documentation introuvable.Moi, j'y puisais des éléments dans les 5 tomes de l'Histoire  de Belgique (très contestée) d' Henry Pirenne...

Il y disposait d'un vieux salon rabougri dans lequel à chaque pause de 10 heures nous nous retrouvions quelques collègues en train de "refaire le monde" autour d'une délicieuse Chimay bleue.Les casiers ainsi que les fromages d'abbaye étaient d'ailleurs à la disposition de chacun dans sa
minuscule chambrette à 10 pas dans le même couloir.



Car l'abbé depuis toujours s'était fait des amis solides parmi les moines de l'abbaye de Chimay.
Il s'y rendait régulièrement avec nos élèves pour des retraites inoubliables.



Il lança les grandes expéditions de nos rhétos à l'assaut des villes grecques et romaines en n'oubliant pas quelques libations nocturnes pour ses jeunes ouailles.


C'est lors d'un de ces voyages, alors que le train s'apprêtait à démarrer,  qu'il fit sortir tous ses étudiants par les fenêtres en gare de Namur pour le train voie 11 à destination de Rome...



Et puis que dire de la vénération qu'il avait pour sa maman devenue impotente qu'il lavait, habillait et pouponnait  chaque matin et soir...

Un soir de 1980, il vint chez moi avec un nouveau collègue, un garçon qui avait quitté le collège technique d'Ath pour  enseigner dans mon collège..Jean-Marie Romain...
L'abbé Michel Lebrun faisait éclore une amitié indéfectible jusqu'à aujourd'hui.
J'ignorais que Jean-Marie Romain avait été l'élève assidu du professeur Marc Selvais!



Un jour sa maman quitta pour toujours le lit de la ferme de Sart Longchamp et son papa Omer ne tarda guère à  la suivre.



L'abbé rejoignit le monastère et Chimay et y prononça les voeux du renoncement. Il y exerça avec talent, outre la méditation et la prière, la fonction de forestier, là où  l'Oise prend naissance...

Freddy, "la mort est un ange qui refait le lit des gens pauvres et nus "(Charles Baudelaire)



                           L'abbé Michel Leroy(en vie)



Monsieur le directeur avait confié les cours de français et de religion dans les classes de section économique à l'abbé Michel Leroy.
Egalement pétri de culture latine, il avait la lourde tâche de transmettre la langue française à des groupes d'étudiants dont l'esprit était plutôt... scientifique.
Lors de certains de ses cours, il lui arrivait de déclamer une poésie les larmes aux yeux devant ses potaches.
Le plus extraordinaire était sa division des points, allant de l'unité au dixième et au vingt-cinquième...
Je l'aperçus souvent un bréviaire à la main.

Monsieur l'abbé, je garde de vous le souvenir d'un homme généreux.

                        


27/03/2007
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au site

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 47 autres membres