De Nina à Abi - Il n'est pas de montagne plus haute que les marches de l'oubli

De Nina à Abi

Une aventure avec Nina

 

J'ai rencontré Nina le mardi 9 décembre au hasard d'une rencontre au bar-restaurant « le Flash »

Dès le début de conversation, elle me conta avoir quitté son Cameroun natal pour venir étudier à l'université de Dakar au Sénégal il y a  5 ans. Avec un diplôme en marketing, elle ouvrit une boutique de produits de beauté avec son effigie en étiquette, les affaires ne tournant pas, elle décida de migrer vers Saly où elle travailla quelque temps dans une agence de location en free lance, puis elle ouvrit une boutique dans la cité noire.

Très vite, elle me conta sa mésaventure : elle venait de quitter la chambre où elle dormait pour vivre dans sa boutique

Dans le courant de la soirée, elle m'y emmena, je découvris ses produits rangés en étagères successives, les murs fraîchement repeints de couleurs vives.Dans un coin, des sacs remplis de hardes et de produits de beauté, pas de lit, une arrière boutique crasseuse au wc brincballant...

Je l'invitai à passer la nuit dans ma villa de la cité « Paradis »

 

Les jours s'égrenèrent, Nina faisant ses aller-retours à sa boutique, moi, visitant des amis et travaillant chez le peuls

Après quelques jours, elle insista pour transférer ses hardes chez moi... je comprendrai plus tard et aujourd'hui que je ne devais plus tomber dans ce piège.

 

Nina ne disait mot de son passé ni de sa famille. Très vite je me heurtai à sa possessivité. Nina faisait le vide autour de moi, elle me fit découvrir le « racisme sénégalais » à l'encontre des non-autochtones.

Au Sénégal, tous les africains qui ne sont pas sénégalais sont appelés les « niaks ». Ici, les blancs « dits toubabs » sont réservés aux seules femmes sénégalaises, j'ai pu découvrir cette forme de racisme primaire avec Nina.

Elle me confia aussi ses infortunes passées à être admises dans cette société et son envie de repartir vers son pays d'origine.

 

Ce qui me fascinait chez cette fille était sa grande tendresse, Nina avait un besoin énorme d'affection.

Elle craignait les visites de mes amis sénégalais, c'est vrai qu'ici, chaque sénégalais a toujours sous la main une jeune femme à présenter...

Nina mit un frein à mes visites chez les peuls apres avoir entendu ma relation très affective avec Wolé, la fille de la chef Binta pour laquelle je nourrissais une amitié très fraternelle.

 

Le 3 mars, je m'envolais pour la France et la séparation avec Nina fut quelque peu douloureuse

Je devais séjourner en Europe trois semaines mais j'y restai jusqu'au 1er mai. Mon retour en Afrique était prévu le lendemain

Je profitai du fait que Macky Sall, président du Sénégal avait dans les semaines précédentes décidé d'enterrer la nécessité du visa, cela facilitait grandement mes préparatifs. (la mesure était judicieuse pour relancer le tourisme dans son pays)

 

Chaque jour du 3 mars au 2 mai, Nina ne manqua pas un seul jour de m'écrire, me confiant ses envies de moi, ses nuits sombres, ses rêves et ses aspirations.

 

J'atterrissai à Dakar le 3 mai à 24h02. Nina m'y attendait avec le taxi

En route de nuit vers une demeure qu'elle avait réservée et que je ne connaissais nullement: Niakh Nackhal à 3 km de Saly

Dès l'arrivée, je fus surpris par la splendeur de la villa: un très grand parc arboré de fleurs et buissons odorants, une grande terrasse, des pièces immenses, un balcon donnant sur tous les environs. Je n'ai pas de photo de cette demeure, elle restera dans la mémoire de mes oublis...

Très vite, j'entendais çà et là des bruits d'insécurité: une bande qui sévissait depuis plusieurs mois s'attaquant aux personnes et aux biens aussi bien aux africains qu'aux européens, de jour, je pus me rendre compte de la situation insécurisée de cette villa, entourée de murs très faciles à escalader, entourée de toutes parts de bâtiments vides et en construction dormante. Seule en face de l'autre côté de la piste de sable un petit bstro restaurant tenu par des sénégalais sympathiques... le soir, aucun éclairage nocturne!

Dans les jours suivants, on me raconta qu'une dame noire avait été attaquée en rentrant chez elle, on lui avait pris tous ses biens... ailleurs, on viole des enfants de neuf et dix ans devant le petit frère...

Je me décidai d'engager un gardien de jour et de nuit.

Je fus d'autant plus mal à l'aise que je constatait les infinies mesures de sécurité des maisons environnantes, barreau, spots, tessons de bouteilles sur les murs...Cela était à l'identique dans notre villa: toutes les portes de fenêtres grillagées et cadenassées...infranchissables la nuit mais ma peur augmenta subitement car des attaques s'opéraient aussi en journée....

Très tôt, Nina ne partageais pas mes craintes, insensiblement, je constatai qu'elle avait laissé une partie de sa tendresse...et je bouclai mes valises et parti vers une nouvelle demeure...sans elle. Je ne la revis plus...

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Dans les jours qui précédaient, j'avais fait fortuitement la connaissance d'un belge originaire de Bruxelles, Jacques, qui demeurait dans le quartier calme de Ngaparou, il m'invita chez lui et me proposa l'appartement du haut. Je fus éblouis par sa situation, une grande villa au bord de l'Atlantique, les premières vagues à quelque 50 mètres de l'entrée.

C'est là que je me suis réfugié et que j'apprends à reconstituer une nouvelle aventure prenant le temps de la réflexion et de la sagesse...

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et Abi arriva...

 

 

 

 

 

 

 

 

 



18/05/2015
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