du Rwanda au Burundi (Léon Tilleux, mon ami)

Chers amies et amis,     Tout d'abord, un tout grand merci à celles et ceux qui m'ont répondu nombreux au message n°3.  Je ne puis leur répondre individuellement mais cela me fait bien plaisir.  Merci aussi à Luc Goffinet pour la gestion du site : www.goffinets.be/kapsud et des galeries photos ... appréciées par les supporters parait-il  ... et qui en redemandent (voir en annexe: visites, sourires, transports, paysages) !     Passage sans problème de la frontière Rwanda / Burundi : 14 janvier 2015   Le mercredi 14 janvier 2015, j'ai quitté Butare de bon matin vers le Sud.  Le passage de la frontière entre le Rwanda et le Burundi s'est passé sans problème.  Est-ce le fait d'être blanc ("Muzungu" en africain) ou d'être considéré comme un "Babou", personne "âgée" donc respectable, toujours est-il que le contrôle du visa obtenu précédemment n'a pas pas duré longtemps.  La journée fut cependant dure, ponctuée par de nombreuses collines à grimper jusque Kayanza au Burundi où  je suis allé frapper à la porte de la paroisse, n'ayant plus le courage d'aller plus loin.  Bien accueilli pour une nuit reposante avant de repartir pour Bujumbura. Merci à l'abbé Marc (qui connaît l'abbé Ignace de Gesves/Ohey) et à ses confrères.   Jeudi 15 janvier, départ dès 6h du matin afin de profiter de la "fraîcheur" et pour arriver à Bujumbura avant la nuit.  100 km avec une descente de 20 km lorsque le lac Tanganyika apparait mais auparavant encore pas mal de côtes ... le Burundi, comme le Rwanda, est un pays aux "mille collines".  Dans les côtes, j'étais très bien encouragé par des enfants, des adolescents; d'abord, deux puis trois, puis 10 et jusqu'à 30 pour, de concert, avec rires, commentaires, etc ... encourager le Muzungu ... à vélo, l'attraction du jour, même de la semaine, voir du mois.  Car des pareils à "Babou" montés sur un vélo ... il n'en passe pas tous les jours !  Le vélo c'est fait pour porter les régimes de bananes, les lourds sacs de céréales, légumes, fruits et autre charbon de bois.   Pourquoi n'a-t-il pas pris sa voiture comme les autres ?  Il y en a de si belles, si grandes, si larges ... si polluantes parfois comme les bus, camions qui roulent à toute allure, rentabilité exige !     Découverte de Bujumbura   Arrivé à Bujumbura, bien accueilli par Alain Carpiaux de Namur, professeur à l'école Belge et Aude Rossignol (ancienne d'Entraide et Fraternité) travaillant pour le programme des Nations Unies pour le Développement. Bilan Kigali - Bujumbura : 317 kms à une moyenne de 10-11 km/h...et pas une goutte de pluie!  A Bujumbura, j'en profite pour demander mon visa d'entrée pour la Tanzanie, à l'ambassade ... ce qui m'est octroyé après quelques heures !  L'après-midi, balade à vélo le long du lac où il est possible de voir à la tombée du jour, des hippopotames.  Ensuite une longue montée à vélo vers la colline de Kiriri où est perchée l'Université de Bujumbura, où a étudié Innocent, mon beau-fils.  Quelques gouttes de sueur supplémentaires me font envier les Andes (2009-2013) où il y avait certe une altitude bien supérieure ... mais de la fraîcheur!     Visites d'organisations paysannes - deux jours de visites : lundi 19 et mardi 20 janvier 2015.   L'OAP (l'Organisation d'Appui à l'Auto-Promotion Paysanne) est une ONG soutenue par Entraide et Fraternité / Belgique active depuis 20 ans dans différents coins du Burundi et plus précisément dans le "Bujumbura Rural".  Une première rencontre avec Madame Pascasie, responsable de l'ONG, toute heureuse de découvrir - ainsi que ses collègues dont Madame Lydia - ce passionnant voyage à vélo vers le Zimbabwé.  Il y a quelques années, elle est venue comme "témoin" dans la région du Hainaut, à Charleroi entre autre.   Parti de bon matin vers les collines qui surplombent Bujumbura, nous rencontrons des hommes et des femmes, tout fiers de montrer comment leur vie à changé depuis qu'ils sont partenaires de cette ONG burundaise: - dans un village de la commune de Nyabiraba, arrêt au magasin d'intrants (produits phyto-sanitaires, semences, médicaments vétérinaires, etc) sont vendus à bon prix aux paysans; ceux qui ne peuvent payer cash remboursent par après; Entraide a engagé dans ce magasin un fond de roulement pour approvisonner le stock; - plusieurs familles ont reçu en prêt une vache dont ils prennent soin tant qu'elle s'occupe de son veau, lequel reste propriété de la famille (comme déjà expliqué lors de la visite à Butare au Rwanda); dans une étable, je vois une vache qui fait l'objet de ce prêt rotatif depuis six ans: indiscutablement elle représente une haute valeur ajoutée solidaire; - une dame, Joséline, veuve depuis 1998, a été aidée par l'OAP dans la construction de sa maison; dans l'étable, le veau est déjà aussi grand que la vache-mère; - une autre dame, Ménédore, hyper active nous emmène dans son champ de pomme de terre et nous montre fièrement l'alignement des plans;  les gens se lavent pieds et mains à une pompe financée par le projet; dans une maison, c'est l'heure de la boisson traditionnelle fabriquée à partir d'une céréale de la famille du sorgho; - à Rutanbiro, nous visitons une école qui a pour but de former les paysans et de les aider à maitriser de meilleures techniques, à utiliser la rotation des cultures, à recevoir des conseils en matière d'élevage, à creuser des fossés anti-érosifs; dans un hangar, les semences sont stockées sur des étagères pour une bonne germination; - nous terminons la première journée de visites par une nouvelle construction destinée à moudre les graines moissonnées en vue d'une commercialisation au profit des producteurs regroupés dans cette organisation paysanne.   Le second jour,mardi 20 janvier 2015, Thierry nous accompagne; il est le coordinateur d'Entraide et Fraternité pour les projets au Congo (le Sud-Kivu et le Maniema), au Rwanda et au Burundi.  Au cours de la journée, nous avons pu rencontrer les acteurs de différents projets.  Un premier arrêt pour voir des fossés anti-érosifs creusés au flanc d'une colline qui a été replantée en vue de maintenir le sol et d'alimenter les animaux.   Ensuite nous grimpons jusqu'à la maison d'une famille qui a reçu un couple bouc/chèvre d'une bonne race Ougandaise.  Dans la région, environ 500 personnes plus "vulnérables" ont été choisies pour être acteur(e)s d'un changement important.  Nous visitons l'une d'elle qui nous montre les avantages d'une toilette écologique sèche : les selles solides, séparées des urines, sont stockées dans deux fosses distinctes utilisées à tour de rôle.  Cela permet au bout de quelques mois de décomposition de fertiliser le potager.  Un petit élevage de lapins et de cochons d'Inde (tiens tiens cela me rappelle l'Amérique du Sud) approvisionne la famille en viande saine.  Le foyer économique dans une pièce séparée du reste de l'habitation, utilise peu de charbon de bois et rejette les fumées en dehors pour moins d'incommodation.  Un réservoir d'eau de pluie allège le lourd labeur du portage d'eau, les enfants pouvant de cette façon être plus assidus à l'école.  A côté du potager, une fosse est destinée à recevoir les détritus devenant un compost.   Le plus interpellant pour nous qui utilisons 10 litres d'eau (potable) à chaque fois que nous l'utilisons montre qu'une solution "sèche" et "durable" au sens écologique est possible.  Pour certaines choses, le tiers-monde nous devance !   Nous terminons par la visite d'un barrage régulant les eaux des pluies en fonction des saisons.   Un grand merci aux accompagnateurs de l'OAP: Pascal (1er jour), Gordien (2d jour), Justin (responsables des communications), Moïse (chauffeur), Thierry (coordinateur d'Entraide et Fraternité) ainsi qu'à mesdames Pascasie et Lydia pour leur gentillesse, leur accueil, le thé délicieux et la très bonne organisation des visites.     Départ vers la Tanzanie: mercredi 21 janvier 2015   Un peu plus de 125 kms le long du lac Tanganyika (donc sans montées majeures) pour arriver à Nyanza-le-Lac.  De là, pour passer en Tanzanie, une très longue et dure côte de 15 kms m'attend ... de quoi ne pas trop rêver que tous les pays du monde sont comme la partie Nord de la Belgique !   Nous nous retrouverons en Tanzanie pour le message n° 5, si tout va bien dans une bonne semaine.     Léon Tillieux 


21/01/2015
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