L'instant présent est insaisissable, il est entaché des souffrances du futur

Voici quelques réflexions de Jean d'Ormesson

 

 

"Elle dort, elle bouge, elle change, elle court avec les ruisseaux, elle gronde dans les torrents, elle s'étale dans les lacs ou dans les océans et des vagues la font frémir, la tempête la bouleverse, des courants la parcourent, elle rugit et se calme. Elle est à l'image des sentiments et des passions de l'âme."

 

Chaque matin, le jour revit. Si le monde n'est fait que de matins, si tout le bonheur du monde est dans les matinées, c'est qu'il y a dans le commencement une promesse d'on ne sait quoi et peut-être de presque tout. Si, en dépit de tant de larmes, le monde est une bénédiction, c'est qu'il recommence à chaque instant. La vie n'est qu'une suite de commencements, indéfinis dans le temps. Et le deuxième, le troisième, le centième recommence¬ment, et le cent millionième renvoient au premier et au seul commencement : celui où le tout se dégage du néant.
 
La jeunesse, l'impatience, le désir, l'espérance donnent son éclat au tout. Il y a une tristesse déchirante et de la beauté dans les soirs. Il n'y a rien, en vérité, qui ne soit beau dans le tout. Les araignées, les vipères, les méduses, la trahison, le mensonge, l'injustice et le crime ont aussi leur beauté. Lucifer était beau. Et la mort est très belle. Mais rien n'est plus beau que le désir de vie et l'espérance des enfants à qui nous passons un relais qu'ils repasseront à leur tour à ceux qui leur succéderont
 
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Le présent est une prison sans barreaux, un filet invisible, sans odeur et sans masse, qui nous enveloppe de partout.

Il n'a ni apparence ni existence, et nous n'en sortons jamais.

Aucun corps, jamais, n'a vécu ailleurs que dans le présent, aucun esprit, jamais, n'a rien pensé qu'au présent.

C'est dans le présent que nous nous souvenons du passé, c'est dans le présent que nous nous projetons dans l'avenir.

Le présent change tout le temps et il ne cesse jamais d'être là. Et nous en sommes prisonniers.

 

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Avec son passé qui n'est plus, son avenir qui n'est pas encore et sont éternel présent toujours en train de s'évanouir entre souvenir et projet, le temps est la plus prodigieuse de toutes les machineries. Aucun phénomène de la nature, aucune invention humaine, aucune combinaison de l'esprit, aucune intrigue de roman, de cinéma, de théâtre ou d'opéra, si compliquée qu'elle puisse être, ne lui parvient à la cheville.

 

Je ne sais pas si Dieu existe mais, depuis toujours, je l’espère avec force. Parce qu’il faudrait qu’existe tout de même ailleurs quelque chose qui ressemble d’un peu plus près que chez nous à une justice et à une vérité que nous ne cessons de rechercher, que nous devons poursuivre et que nous n’atteindrons jamais. 
De temps en temps, je l’avoue, le doute l’emporte sur l’espérance. Et, de temps en temps, l’espérance l’emporte sur le doute. Ce cruel état d’incertitude ne durera pas toujours. Grâce à Dieu, je mourrai.

 

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J'ai rencontré Coumba, une jeune femme musulmane le 9 décembre 2015...Je me suis baigné au coeur de sa famille,

j'ai attentivement écouté la philosophie de vie de son vieux papa, un sage qui distille son amour entre deux femmes...

Il y a quelques jours, Coumba m'envoya ce sms plus que surprenant: "je suis fière de ma pauvreté"...

N'y a t-il rien de plus riche que la pauvreté? la seule et unique préoccupation de l'africain est la jouissance de l'instant présent, de l'"aujourd'hui" dans la communion avec ses frères humains, dans le partage des nécessités journalières, des joies communes et du manque-de-tout. Les sentiments se partagent aussi entre tous, le couple d'Afrique n'est jamais refermé sur lui-même, il est uni à tous les hommes, la notion de la monogamie est ici inexistante par ce seul fait. Il y a dans la rencontre des hommes âgés un respect de la sagesse,il y a toute l'expérience des anciens, il y a dans la femme africaine ce tout petit bout d'humain qui l'incite à magnifier l'homme à travers sa croyance en un dieu homme, dans aucune de ses aspirations il n'y a pas l'ombre de la soumission. Ici, sans l'homme, la femme n'est pas reliée à son créateur créateur. Dans ses yeux, dans son sourire, dans ses mains, tout n'est que vénération pour l'homme.

Il y a dans nos sociétés occidentales des relations sclérosées entre les humains...il y a des brisures fondamentales entre nos générations, l'Europe fabrique une grande carence dans le respect de l'homme, elle fabrique une égalité absurde entre les hommes et les femmes.Chez nous, on vit à l'inverse du monde africain, on s'illumine de l'égalité entre les sexes et ce faisant, on aboutit à l'inverse cet idéal, on arrive à des femmes dominatrices sur des hommes dominés, on assiste à des hommes réduits à langer le bébé pendant que la femme parade à l'extérieur, chez nous, on sacrifie la complémentarité des rôles spécifiques de chaque être dans les profondeurs de son corps et de son âme... 

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Oui, je vis l'amour instant, oui, je vis à la température de cette Afrique généreuse et sensuelle... c'est très difficile de vivre un amour sans projets, l'amour ne se nourrit d'aucune limite dans le temps et chaque jour me rapproche de cet instant qui brisera notre passé.

Comment vivre l'amour sans l'espérance de sa durée?

 Comment vivre l'instant présent dans l'évanouissement du futur qui s'avance?

ICI, tout se meurt, tout renaît, tout s'avance, tout s'endort et se réveille

rien ne peut contenir les sentiments des hommes... 



10/01/2016
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"pourquoi les gens qui s'aiment se séparent-ils...parce qu'ils ne se séparent jamais...même quand ils se séparent"


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