La pauvreté que la joie accompagne est un trèsor...

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(Cet article est sans cesse enrichi de mes souvenirs)
 

 

Une enfance de l'amour rêvé... 

 

 

Merci de cliquer sur les photos de votre choix pour agrandir

 

 

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Ma première joie vient de mes parents qui formaient le couple le plus solide du monde

Toute leur vie, je les ai vus soudés l'un à l'autre, on ne peut donner de l'amour si l'on en n'a pas reçu

J'eus cet immense privilège de la vie!

 

Malgré la maladie et l'infirmité de ma grande sœur, je fus choyé dans mon enfance comme pas deux...

dans un recoin reculé de ma mémoire je garde ces souvenirs précieux de l'enfance villageoise

 

Les incessants jeux dans la neige poudreuse, ces bonhommes de neige avec le chapeau de notre grand-père et des morceaux de charbon en guise de boutons, une carotte pour le nez...et parfois une pipe en bouche, l'imaginaire de l'enfance

La tristesse lors du dégel, un bonhomme de neige qui fond et se décompose petit à petit... la fragilité de la vie humaine...

 

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Et puis...

La camaraderie à l'école primaire avec un instituteur de talent, Monsieur Edmond Hébette

Nos chamailleries et nos jeux de billes dans la grande cour de récréation

L'apprentissage de la direction du vent lorsque la main levée, notre instituteur enflammait son paquet de st-michel vertes au vent de l'est

Nos batailles à coup de boules de neige.

Nos pieds en mains endoloris réchauffés près du grand poêle à charbon.

Nos corvées à tour de rôle pour nettoyer le grand tableau noir

Notre journal "Tout simplement" à frais d'auteur.

Nos premières rédactions: "par une belle après-midi d'été..."

Le calcul des fractions en cueillant les juteuses pommes du poirier de l'espalier adossé au mur du jardin.

Nos sorties d'école trois par trois

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Claude Vanderhoeven - Gaston Libois - Josianne Collart - Raymond Mols

Serge Vanderhoeven

Louis Richardeau - Jacques Descy - Jean Mols - Guy Wilmotte - Jean-Pierre Morimont - Jean-Pierre Halet -Jacques Preud'homme - Christian Bertrand

Michel Vanderhoeven - Joseph Thiebaut

 

Décédés: Gaston Libois - Serge Vanderhoeven - Jacques Descy (tombera d'un toit)-

 

 

 

 Joseph Thiebaut se noiera dans un petit étang du village en allant chercher des têtards

(voir l'article de Louis Richardeau : "Le p'tit Joseph" catégorie: Sorinne-la-Longue)

 

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Le "p'tit Joseph" vivait dans une famille très pauvre, je me souviens que le grand Saint-Nicolas ne lui apportait que quelques bananes... son père Isaac Thiebaut était bossu, plusieurs années après la mort de son enfant, il fit plaisir à un ami en accomplissant des travaux d'excavation avec une grue de l'entreprise où il était embauché, c'était un dimanche, il heurta un poteau électrique et il causa de grands dégâts, il fut licencié et on vendit sa maison
 

Jean-Guy et Jacques se retrouveront ensemble à Boma en 1970 en Afrique équatoriale (voir ci-après)

 

 

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Jean Mols -Jacques Descy - Jean Bierlaire - Serge Vanderhoeven - Louis Rchardeau - Michel Vanderhoeven - Guy Wilmotte

?? Morsaint - Francis Vanderhoeven - Serge Kets -

Christian Bertrand - Jacques Preud'homme - Jean-Pierre Halet - Claude Morsaint - Robert Pairon

 

Cette photo est la plus récente, le p'tit Joseph nous a déjà quitté...

 

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Gaston Libois - Raymond Mols - ?? Hannecart - Claude Vanderhoeven - ?? Louis Richardeau - Josianne Collart

Serge Vanderhoeven-Jacques Descy-Guy Wilmotte-Michel Dubois-Jean-Pierre Morimont-Jean-Marie Dubois-Joseph Thiebaut-Jean Mols 

 

Et puis...

Le jardinage au grand air, des fraises noires "Souvenir de Charles Machiroux" dont je respire en encore aujourd'hui le parfum.

Les préparations culinaires de ma maman: les potages maison, les galettes et les tartes au sucre...

Le cochon tranché en deux, pendu sur une échelle dans l'arrière couloir de la maison...

Nos betteraves creusées de nos mains expertes avec deux trous pour les yeux et un pour le nez, une bougie allumée à l'intérieur pour nos soirées d'Halloween.

La fabrication de nids remplis de paille à même le jardin pour l'arrivée des Cloches de Rome de Pâques

Notre chasse aux hannetons "les balouches" récoltées dans les grands œufs de Pâques en carton festonné.

 

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Et puis... 

Pâques et la distribution de l'eau bénite avec arrêt à chaque maison, nos remplissages à la grande pompe du village...

Notre technique pour nous prendre à la grande corde des cloches, nos remontées vers le plafond en cadence, notre technique pour "faire sonner la grande cloche à mort" en cas du décès d'un de nos villageois.

Pour notre service de semaine, nous recevions 10 pîèces de 25 centimes chacun, (les tas étaient prêts sur la grande table de la sacristie) le dimanche était mieux rétribué

Heureusement les baptêmes, les mariages, les enterrements et la distribution de l'eau bénite nous permettaient d'engranger de bien meilleures rétributions.

Je me souviens de cette odeur d'encens qui enivrait nos sens olfactifs, l'encensoir était allumé avec de petites rondelles de charbon de bois poli sur lesquelles nous répandions des pépites d'encens. Il suffisait alors de le balancer en cadence de gauche à droite, parfois, avant l'arrivée de l'abbé Chytènes, nous nous exercions à cet art, le meilleur d'entre nous faisait le tour complet!

 

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Aux enterrements le rouge de nos robes était remplacé par le noir, pour cette occasion, on dressait un immense catafalque dans l'allée centrale face à l'autel et bordé de huit grands cierges, le cercueil du défunt sitôt son entrée dans l'église y était enfourné avant la cérémonie qui durait au moins une heure. En ce temps là, les maisons funéraires n'étaient pas encore nées et le mort reposait durant trois jours dans son lit, la devanture de sa maison était garnie de grande toiles noires,  muni des saints sacrements, il reposait là une dernière fois chapelet entre les mains jointes en attendant sa mise en bière qui était précédée d'une toute dernière prière et de nos derniers baisers. La putréfaction donnait parfois lieu à des accidents.

Le cercueil de chêne clair était fabriqué par le menuisier du village qui oeuvrait jour et nuit.

Pendant la mise en bière, les enfants étaient rassemblés dans la pièce annexe, j'entends encore aujourd'hui les bruits de marteaux et de chalumeaux... 

Au cimetière après la dernière bénédiction, nous assistions à la mise en terre ou à la descente dans le caveau de famille.

La société moderne a supprimé cette apprivoisement de la mort, aujourd'hui, toutes ces traditions ont été confisquées par les grands vendeurs de cercueils aux bénéfices plantureux, les familles ont appris à leur abandonner leur proie.   

Merci à l'abbé Chytènes qui fut un prêtre de grand talent.

 

 

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Et comme un retour à l'enfance, mon adresse actuelle est : la Guinguette 47800-Montignac de Lauzun...

 

Et puis... 

La kermesse de mon village avec ses maîtres jeunes hommes, son tir à pipes, son carrousel et ses auto-scooters, sa première danse sur la place Dubois

Pendant trois jours, tout le village était en effervescence : les convois de forains arrivaient à la queue leue leue pour se placer sur la place de l'Eglise et dans le pré du Fonds des Vaux près de notre école. Là, se construisait la grande guinguette avec ses miroirs tout autour, ses parquets de bois et la tout grande piste de danse centrale, pour la lustrer on y répandait du vim brossée à grands coups de balais, elle était prête à accueillir les meilleurs valseurs... L'orchestre était on ne peut plus champêtre avec notre célèbre villageois, René Mossiat à l'accordéon.Le dimanche après la messe, nos maîtres jeunes hommes épinglaient de grandes cocardes aux veste des paroissiens qui leur versaient une contribution pour leur organisation, le lundi par tradition obligée, les enfants du village avaient la gratuité sur le  carrousel, quel plaisir cette floche qui une fois attrapée, offrait un tour gratuit!

 

   

Et puis...
L'arrivée toujours impromptue du grand Saint-Nicolas à dos d'âne sur les chemins enneigés.

Les bruits de baguettes à la fenêtre de notre cuisine.

Chaque soir avant le 6 décembre, je mettais mes souliers près de la cheminée, au petit matin, la découverte de bonbons était tout un émerveillement, parfois le grand Saint déposait une lettre avec quelques mots de l'écriture de ma grande sœur à l'encre rouge, parfois, il n'y avait rien (signe de son mécontentement pour mes caprices d'enfant espiègle)

La veille du 6 décembre - le grand jour- en début de soirée,ma maman dressait la table avec 4 grandes assiettes vides, une grande carotte pour l'âne du grand saint et un verre de pecket, le soir après mon coucher - et je l'ai reproduit pour mes enfants- mon père grignotait la carotte et buvait un petit coup pour simuler sa venue...

 

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Le matin, je connus le lever le plus magique du monde, l'émerveillement toujours devant des assiettes remplies de petits œufs , de pièces de monnaie , de petites statues du grand saint, le tout en chocolat, de nic nac... au devant, les plus beaux jouets du monde, parfois une guirlande clignotante égayait l'ambiance, mes parents et ma sœur prenaient bien soin de simuler leur émerveillement à leur tour.

Je n'oublierai jamais cette magie de l'enfance, cela restera le meilleur souvenir de cet enfance heureuse...

 

"Et si Dieu venait à mourir, j'élirais Saint-Nicolas à sa succession"

 

 

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Et puis...

Noël! pendant les semaines qui précèdent, tout le monde s'affaire à la construction de la grande crèche à l'église de mon village, pour l'enfant que j'étais elle avait l'allure d'un très grand tableau avec ses grands personnages et l'enfant Jésus avec l'âne et le bœuf, Marie, Saint-Joseph et les rois mages...

La messe de minuit était suivie par la grande majorité des paroissiens. Les grandes  orgues, le minuit chrétien: "les anges dans nos campagnes..."

quelle féerie, cela faisait  rêver l'enfant que j'étais! Noël, c'était vraiment la paix des hommes de bonne volonté...Plus tard , l'enfant Jésus de plâtre sera remplacé par un bébé vivant déposé délicatement sur la paille par deux fillettes du village munies de grandes ailes d'ange.

 

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Et puis...

Ce premier jour du Nouvel AN, de grand matin comme tous les autres jours de l'année, notre facteur "Robert" entamait sa tournée la plus dure, dans chaque maisonnée, une petite récompense en argent sonnant et un petit verre de Pecket, il fut des années où sa tournée dut s'écourter très vite, les villageois distribuaient le courrier avec les cartes de Nouvel an, je me souviens dans mes lointains souvenirs qu'une année, notre Robert s'était couché dans le fossé enneigé...par trop d'alcool...

Ce jour là, après sa visite, c'était la tournée des amis au village et toujours ces petits verres d'alcool qui nous donnaient l'impression illusoire de nous réchauffer, ensuite, mes parents entamaient la tournée de famille, de Florée à Gesves, les deux villages d'origine parentale...

Le 2 janvier marquait la fin de toute une kyrielle de réjouissances festives.

 

Et toujours cette neige immaculée de nos matins de décembre à février...et toujours ce gel à pierre fendre...

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Le soir, maman enfournait nos chaussons dans notre poêle "crapaud". Les briques étaient chauffées enroulées dans des étoffes de laine et placées au fond de nos lits douillets, parfois, les vieux fer à repasser ou les bouillottes les remplaçaient. Aux matins de nos réveils, nos fenêtres étaient à l'intérieur tapissées d'enluminures tout givrées.Nos gants de toilette dans l'arrière-cuisine étaient raides comme des planches...

 

En journée, je me souviens que nous faisions des courses à traîneau jusqu'à la tombée de la nuit, nos genoux harassés du mouvement de nos bottes étaient en sang...

 

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la pauvreté que la joie illumine est le plus grand des trésors... 

 

Et puis...

Nos visites avec la famille Mols à la cabane du père fouettard dans le bois du village

Nos chapardages de perce-neige et de jonquilles dans le parc du château.

Nos cueillettes aux champignons en pleine nuit et la fricassée du déjeuner "lard aux champignons ou champignons au lard"

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Et puis...

Nos fabrications de fortune - un bac à cendre incliné sur un morceau de bois rattaché à une mince cordelette jusqu'à notre poste d'observation, quelques appâts de grains de froment pour y attirer les pinsons, moineaux, mésanges, rouges-gorges... dans un minuscule cercle déneigé - de longues minutes d'attente pour le premier atterrissage de l'oiseau de nos rêves et puis un coup sec sur la cordelette pour emprisonner sous le bac retombé, notre petite victime sitôt gratifiée de la liberté et notre admiration pour son envol merveilleux.

 

 

 

 

                                                 "L'enfance, c'est rien avec de l'imprudence" (Jacques Brel)

 

L'enfance villageoise s'estompe déjà...

  

En 1958, j'étais en cinquième primaire lorsque le Conseil Communal fit voter un projet d'augmentation du salaire de notre instituteur, mon père, qui était premier échevin s'y opposa.

 

Ecole Saint-Aubain - Namur

 

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Craignant des retombées sur son gamin, il m'inscrivit à L'école Saint-Aubain à Namur pour y suivre ma sixième primaire.

Saint-Aubain, c'était l'enseignement très réputé des Frères des écoles chrétiennes. Les mathématiques y étaient très poussées, il y avait même une 7ème math forte après les humanités.

Je me souviens encore de cet instituteur débonnaire Monsieur Fremy qui était mon titulaire, je terminai l'année avec près de 84%, quelle fierté pour mon instituteur de village ! quel revers pour mon père..

Il fut donc décidé que j'entamerais mes humanités dans cette école, j'avais comme titulaire, un certain Monsieur Guy Lauwers qui, comme de nombreux professeurs d'alors, marchaient avec les forts en délaissant les plus faibles, l'émulation "négative"... je terminai l'année avec 34%

 

L'école Saint-Aubain comptait à l'époque 2000 élèves, ses bâtiments furent englobés par les Facultés de Namur et elle migra vers Salzinnes, le 13 mars 2013, elle dut fermer ses portes...par manque d'élèves!

 

Mes parents décidèrent donc de me mettre en pension.

 

J'ouvre ici une petite parenthèse: ma sœur, après avoir terminé toutes ses primaires dans l'école du village commença des humanités dans un pensionnat de Belgrade, c'est dans cette école qu'elle attrapa le virus de la méningite...en 1951

il est consternant de constater que 9 ans après, mes parents décident de m'inscrire au pensionnat du Collège de Bellevue à Dinant...

 

Le Collège Notre-Dame de Bellevue à Dinant

 

Je garde un excellent souvenir du Collège de Bellevue malgré les rentrées du dimanche soir et la nostalgie qui s'emparait de nous au salut du soir repensant à notre court séjour du weekend en  famille, malgré aussi les punitions de non-rentrée en famille le weekend.

Nous rentrions le dimanche soir pour un séjour de 2 semaines, parfois - et cela m'arriva plus d'une fois - lorsque la discipline avait été enfreinte, le retour en famille était annulé et nous restions un mois

C'était aussi le temps de la non-mixité, le Collège de Bellevue chapeautait aussi une école des filles dans la ville de Dinant.

Le dimanche, celles-ci "montaient" au Collège pour un après-midi de cinéma, les abbés prenaient bien soin de laisser plusieurs rangées de bancs vides entre les filles et les garçons...

 

Nos premières petites amourettes...et le chemin vers l'adolescence.

 

  Une adolescence tintée du parfum des hommes... 

 

 

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Bellevue, c'était... 

Les maths de Monsieur Falay que je détestais et les cours de français de Monsieur Trépant qui m'exaltaient. Je me souviens de ses cours sur les mosaïques de Théodora à Ravenne et les cinq piliers de l'Islam...

Les jeux de foot, de handball et les premières leçons d'escrime.

Le pèlerinage à Notre-Dame de Foy

Le déshabillage de la 2CV du préfet Pairoux pour nos compétitions sportives sur les champs.

La récitation du rosaire les vendredis du mois de mai à la vierge silencieuse

Les compétitions lors de nos examens et nos tricheries déjà...

Les cours de géographie de l'abbé Questiaux et toute son érudition

Les grands chahuts dans le réfectoire de 400 convives :

Je me souviens qu'un soir survint une panne d'électricité, au menu, il y avait des œufs sur le plat...bagarre générale dans l'obscurité, lorsque la lumière revint, il y avait des œufs partout jusque sur la soutane de notre préfet, des morceaux entiers de margarine accrochés au plafond étaient prêts à se décrocher... ambiance! Le supérieur, le Chanoine Corbiaux, nous traita de "baloubas"

Tout cela a encore aujourd'hui des souvenirs d'admiration

Il en va de même pour tous ces prêtres dévoués et très modernes pour l'époque qui restent tous dans mon estime

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C'est lorsque j'étais dans la classe de poésie que j'appris le décès tragique de Marie-Claire Richardeau...

 

 

6 ans passés dans cette institution de réputation pour décrocher un diplôme d'humanités modernes en Maths fortes

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1966: départ pour la capitale.. Bruxelles Quartier Léopold, je fréquente les cours d'interprétariat à l'Institut Libre Marie Haps,

directrice:Madame de Galochy, la rencontre de grands professeurs qui seront mes modèles dans mon futur métier: Monsieur De Paepe qui écrivit les fameux manuels "Stap voor stap" en néerlandais, et bien des manuels d'anglais, guindé dans un costume rayé bleu, Monsieur De Paepe distillait des cours magistraux. Et puis, peut être le plus grand professeur de ma vie d'étudiant: Henri Van Lier qui sortit "les Arts de l'espace" et qui dispensait les cours d'esthétique et de français.

 

 A l'issue de certains de ses exposés, la salle entière des étudiants se levait et l'applaudissait...

Henri Van Lier était un philosophe belge francophone, né le à Rio de Janeiro et décédé le à Bruxelles. Il a passé l’essentiel de sa vie à Bruxelles.

 

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et puis des profs nuls en droit, en philosophie à qui je dus mon abandon, j'abandonnai même la seconde session...

 

L'école normale de l'Etat à Nivelles

 

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1967-1969 : l'apprentissage du métier de prof à l'école normale de l'Etat à Nivelles.

Cette école fut la proie des flammes dans la nuit du 3 au 4 février 1920, cinq élèves périrent. Emile Bréda racontera la tragédie:

http://archives.lesoir.be/tragique-anniversaire-a-nivelles-l-incendie-se-propagea_t-19950203-Z092U4.html

A nouveau le frottement à des profs géniaux et nuls: un prof d'anglais sorti de l'université d'Oxford Monsieur Bouc et un prof de néerlandais qui me donna pour la vie l'amour de cette langue de Vondel, Monsieur Gilet, un maître doué de la pédagogie moderne.

Un prof de français nul après... Henri Van Lier...

Je n'ai gardé de mes condisciples de classe aucune relation.

 

30 juin 1969: je décrochai un diplôme de professeur d'anglais et de néerlandais assortis d'une maîtrise en dactylographie et morale laïque.

 

La vie d'adulte peut commencer! 

 

Une vie d'amour et les générations qui vous surprennent... 

 

Herman Rapiez et les scheutistes

 

Herman Rapiez jeune anversois avait été hébergé par mes parents pour faire une thèse universitaire et enseignait au Congo-Kinshasa à l'université de Lovanium. Ma sœur avait admiré ce jeune homme et jusqu'à sa mort elle reçut chaque année ses bons vœux, elle l'avait cité dans ses dernières volontés...

En fin septembre 1969, je signai un contrat d'assistance technique gouvernementale avec les Pères de Scheut à Bruxelles

 

Scheut est un quartier au nord d'Anderlecht

La congrégation des missionnaires de Scheut avait été fondée le 28 novembre 1898

 

Pour la première fois, je m'envolai vers l'Afrique dans un voyage de 9 heures en vol direct.Herman et le responsable des scheutistes  m'accueillirent à l'aéroport.

 

Saint-Charles Lwanga

 

 

Saint Charles Lwanga, né en 1865 et mort le 3 juin 1886, est un martyr ougandais, d'ethnie Baganda, canonisé par l'Église catholique. Né dans le royaume du Buganda, au sud de l'actuel Ouganda, il était le chef des pages à la cour du roi Mwanga II. Canonisé en 1964 par le pape Paul VI, lors de sa visite pastorale en Ouganda,

 

Dans les jours qui suivirent il me dénicha un studio dans les environs de ma future école: Saint-Charles Lwanga à Limete (lire Limété)

J'enseignais le français à des élèves des adolescents (je me souviens de la lecture de "la Chatte" de Colette)

 

Notre-Dame du Congo

 

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Très vite, je fus muté vers une plus grande école où j'enseignai l'anglais à de futurs instituteurs: Notre-Dame du Congo

J'ai gardé très peu de souvenirs de mon enseignement, seuls me restent la vision de classes surpeuplées et d'élèves studieux aux noms de famille quelque peu complexes: Nkativakadila...

 

Accident et hospitalisation

 

En novembre, j'eus un accident de moto, la garde-boue avant se détacha et bloqua l'engin en pleine action, je fus soigné d'une rupture de la clavicule à l'hôpital Danois. Ma convalescence se passa chez Herman car je ne pouvais presque pas bouger le bras droit.

Je me souviens qu'il me fallait faire un tas de circonvolutions pour écrire à mes parents sans trahir mon écriture.

Ma convalescence dura un mois et je repris les cours après avoir trouvé un autre moyen de locomotion: une VW coccinelle!

 

Une aide-infirmière attentive

 

Durant mon séjour hospitalier, j'avais été séduit par l'aide-infirmière qui faisait mes soins, un beau matin, j'allai chez elle dans son quartier (non loin de ma première école) je ne présageais pas qu'elle deviendrait mon épouse et m'entraînerait dans la folle aventure de nos vies.

Je dois ici révéler que je connus avec Marie Ndenga ma première expérience sexuelle... j'avais 22 ans!

Je fis l'amour pour la première fois à une jeune fille noire... 

 

 Marie NDENGA avait tout ce qu'aucune femme ne m'a apporté, elle avait d'abord toute son enfance en elle, je le revois comme si nous étions hier, se rouler dans la première neige d'Europe, je revois cette admiration pour ce paysage tout de blanc vêtu, je revois ses grands yeux étincelant de bonheur, avec elle et ma sœur Gilberte, je retombais dans mon enfance...Elle me rejoignait aussi dans un idéal commun d'aider les autres dans leur infortune.

 

Chez Marraine et l'Albertum

 

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Je vécus avec elle des moments inoubliables de gentillesse au sein de toute sa grande famille du Zaïre, nous fréquentions souvent l'orkestre d'Ok jazz de Kalé et les sonorités de Franco, je me souviens du seul cinéma de Kin "l'Albertum" après le film, nous mangions des brochettes de viande trempées dans le pili pili... notre restaurant préféré se trouvait à Ndendale "Chez Marraine" Marraine était la femme d'Emile Gosselin dit "Milou" qui fut dans l'après guerre un cycliste réputé. Notre plat préféré était "le building maison", une dizaine de tranches de pain garnies  de jambon et de fromage chaud. De temps à autre, un ministre y faisait bonne chère et un cochon entier était transporté à dos de serveurs pour être livré à table...

 

Moanda - Boma ...l'Atlantique

 

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Le 31 janvier 1970, nous nous sommes rendus avec des amis à Moanda, le paradis bordant l'Atlantique, le soir, nous passions le réveillon de nouvel an à Boma en compagnie de deux de mes amis de mon village: Jacques Preud'homme et Jean Mols.

Imaginez nous trois jeunes hommes d'un petit village du Condroz au coeur de l'Afrique équatoriale...

 

10ème anniversaire de l'indépendance

 

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Le 29 juin Baudoin et Mobutu ont signé un nouveau traité d'amitié et de coopération entre les deux nations.

Le 30 juin de cette même année, le Zaïre de Mobutu accueillait Leurs Majestés le Roi et la Reine des Belges, les résidents belges furent reçus à un dîner de gala offert à l'ambassade, le Roi fit un discours basé sur le renouveau d'une coopération fructueuse entre les deux pays. Le Président Mobutu répondit que "coopérer , c'est pour la Belgique poursuivre une oeuvre magnifique qu'elle a commencée mais qu'elle n'a pas achevée"

 

Au menu, plat typiquement zaïrois: maboké (poisson cuit à l'étuvée entouré de feuilles de manioc et enfournés sous une feuille d'aluminium. Le dessert était un immense montage de glace

Pour cet événement, le président Mobutu avait décrété la fin scolaire en fin mai pour préparer toutes les festivités.

 

Départ pour la Belgique

 

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Les coopérants rentraient chaque année dans leur pays natal au frais de la coopération belge.

Les retrouvailles avec ma famille furent très festives, à chaque fois, j'en profitais pour montrer quelque 400 diapositives prises en Afrique

Je peux attester sans aucune prétention quelconque que ce fut la fête au village avec tous les copains de l'époque.

Ma joie était toutefois légèrement ternie par ma nostalgie - déjà - de retrouver ma jeune fille d'ébène restée au pays.

Elle apparut dans certaines de mes dias et insensiblement, parents et amis se sensibilisèrent à mes sentiments naissants.

 

Retour en Afrique

 

En septembre, je dus repartir pour un nouveau contrat d'un an, la séparation avec mes parents et ma sœur Gilberte restera ma première déchirure ...

 

De retour en Afrique, la vie suivit son cours, moi, dispensant l'anglais, Marie donnant ses services à l'hôpital, nos temps libres restaient consacrés au cinéma et aux réunions d'amis belges et zaïrois.

 

Arrivée de Marie Ndenga en Belgique sous des bouquets de roses

 

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En début juin, nous préparions l'arrivée de Marie en Belgique - visa - passeport - etc...

J'en profitai pour faire repeindre fraîchement ma Coccinelle car un marché avait été convenu entre le chef coq du restaurant de "Chez Marraine" et moi-même (le prix de vente était fixé à 450 Zaïre) = 45000 FB de l'époque.

Le jour où je dus livrer cette voiture, je fus embouti par un bus: sinistre total, je me souviens avoir du rattraper le chauffeur qui s'enfuyait...

Le lendemain et les jours suivants, ce furent les infinies formalités d'assurance, si tant est que Marie du me précéder en Belgique car je devais attendre l'indemnisation...

Et je m'envolai vers mon pays, accueilli par mes parents, ma sœur et des membres de famille, ma sœur avait confectionné de petits bouquets de roses à chacun pour les offrir à Marie, la déconvenue suivra mais ne sera que de courte durée, le cortège s'ébranla vers Wavre et les retrouvailles furent -je vous jure - des moments inoubliables...

Marie, tout fine, tout jolie avait revêtu un ensemble rouge vif qui tranchait avec sa peau noire et elle brillait de mille feux, frêle comme un moineau de mai, et nous prîmes le chemin de mon village...

 

Dès l'arrivée à la maison familiale, Marie s'installa, ma maman - je ne l'oublierai jamais - eut ces mots "raides et emplis d'amour" : "tu l'as choisie tu la gardes"!!...

 

Nous sommes en 1971, rares sont les couples mixtes qui bordent les routes de Belgique...encore plus rares, le couple mixte dans un minuscule village du Condroz profond... très vite, Marie, de sa propre initiative de fera à toutes les rencontres des villageois, je puis attester sans aucune prétention à nouveau qu'elle sut se mettre au diapason des belges et je ne crains pas de l'écrire, au sein de mon village, elle fut adorée...

Elle nourrissait d'ailleurs une estime particulière envers les aînés (voire la photo de Marie et d'Armand Crucifix)

 

Un mariage unique à Sorinne-la-Longue, Belgique

 

Marie était rentrée sur le sol belge avec un visa touristique de trois mois, afin de prolonger son séjour et par nos sentiments mutuels, nous envisageâmes un mariage. Les formalités nous occupèrent durant plusieurs mois tandis que l'Office des Etrangers tendait le piège du retour au pays...

Mon père avait été bourgmestre du village, il avait comme collaborateur un secrétaire communal: Charles Boreux, vieux célibataire endurci faisant son métier à la lettre, il exigeait un certificat de céliba de Marie Ndenga...pour établir la procédure en mariage.

 

Comme Marie était de nationalité angolaise, je m'adressai à l'ambassade du Portugal, puis à l'ambassade d'Espagne sans réponse, enfin je contactai l'ambassadeur belge à Kinshasa à nouveau sans la moindre réaction, c'est ainsi que j'adressai une lettre au Roi Baudoin qui transmit le dossier au Ministère des Affaires Etrangères.

La réponse fusa :  la loi belge dit ceci:

 

"En l'absence d'un certificat de célibataire pour établir un mariage,

il incombe à l'officier de l'Etat Civil qui prononcera ce mariage d'avancer la preuve du contraire."

 

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Le mariage fut célébré illico presto, ma sœur Gilberte était mon témoin, Tonton Paul était le témoin de Marie Ndenga....

A la minute où l'officier de l'Etat civil prononça les mots, au nom de... je vous déclare unis par les liens du mariage, Marie devenait belge...

Nous étions en mai 1972

 

J'appris par la suite que l'ambassadeur de Belgique avait reçu des remontrances du .. Palais Royal!

 

Le collège de Basse-Wavre

 

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 En 1971-72 je fus engagé comme professeur d'anglais au cycle inférieur des humanités au Collège de Basse-Wavre à Wavre.

Je résidais toujours chez mes parents avec Marie à Sorinne la Longue, chaque jour, je fis l'aller-retour 150km dans une 2CV que j'avais achetée.

Je garde de cet institut un très mauvais souvenir de mon enseignement, les débuts de la docimologie, des élèves issus de familles aisées du brabant wallon irrespectueux, une direction laïque jouant le jeu parental en vulnérabilisant ses professeurs.

 

Entretemps, pour éviter ces voyages fastidieux et après mon mariage, je me suis installé au Parc des Saules (voir lettre du Roi) dans un appartement à Wavre. En fin d'année, je donnai ma démission pour partir vers la capitale.

 

Le Collège Saint-Michel de Bruxelles : 1972-1973  1973-1974

 

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Je fus engagé au Collège Saint-Michel à Bruxelles en septembre 72

J'avais comme collègue Jean Colot, l'oncle de Marie-Claire Richardeau

Jean et mon père, tous deux natif de Florée avaient fréquenté l'école primaire ensemble dans ce petit village

Il devint organiste à Saint-Michel et Gudule et distribuait son savoir à Saint-Michel

Là, je donnais le cours d'histoire de Rome dans les classes bilingues, donc en néerlandais.

J' eus le grand bonheur de conserver dans mes relation deux collègues: Jacques Lenoir professeur de mathématiques qui m'aida beaucoup et Herman Gaspard, professeur de latin qui fut muté dans un collège de la région d'Ath (Lorsque je quitterai l'usine Mino-plastic de Bousval (voir ci-après) c'est lui qui m'averti d'un emploi de professeur de langues à l'Institut Saint-Joseph de La Louvière et j'entrai en fonction en octobre 74...)

 

S.A.R. le prince Philippe et Philippe Lafontaine

 

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S.A.R. le Prince Philippe fréquentait le Collège, il était aussi inscrit dans la classe de quatrième bilingue.

Un garçon timide sans le moindre problème de son statut et de son avenir. A l'époque des mesures exceptionnelles avaient été prises pour assurer sa sécurité (ce fut le temps de Brigades rouges et de la bande Baader-Meinhof)

Le titulaire de la classe du prince Philippe s'appelait Lafontaine, son garçon fréquentait sa classe, chevelu, légèrement débraillé, il se réfugiait dans sa musique, le père me confia qu'"il n'en ferait jamais rien"...

Je conserve le souvenir de la prestigieuse salle des professeurs et de son laboratoire de langues.

Aujourd'hui, comme beaucoup d'institutions catholiques renommées à l'époque, ce Collège a perdu sa prestigieuse réputation.

 

Du Collège Saint-Michel à l'usine Lino-plastic à Bousval

 

Après la seconde année passée dans cet établissement, je me décidai à quitter l'enseignement, j'avais appris qu'un emploi de traducteur était recherché dans une usine du Brabant Wallon, je me présentai, subi des épreuves orales et écrites en anglais et réussi brillamment, je fut engagé sur le champ avec un salaire nettement plus avantageux que celui de l'enseignant. Très vite, je découvris le monde du privé et de son incessante quête du profit, après un mois passé dans ce milieu, je donnai mon préavis et reçu le coup de fil d'Herman Gaspard m'informant d'un emploi à La Louvière à l'Institut Saint-Joseph.

 

L'Institut Saint-Joseph - Premiers pas

 

Je ne connaissais pas La Louvière pour n'y être jamais allé, lorsque j'arrivai dans cette ville, je fus saisi du passage du tram et des ses  bâtiments vétustes, l'entrée à l'Institut en octobre 74 me laissa un souvenir impérissable. Après avoir franchi une grande et lourde porte d'entrée, je me retrouvai dans un hall austère aux murs recouverts de lambris de bois à mi-hauteur. Je fus dirigé vers le bureau de "Monsieur le Directeur", l'abbé Marc Selvais qui m'accueilli en compagnie de l'inspecteur de langues, Monsieur Sioen, je fus ravi de prendre l'apéro en leur compagnie.

L'abbé m'invita à prendre les classes du supérieur jusqu'à la rhéto en brisant mon hésitation.

Je ne savais pas que j'y passerais la plus grande partie de ma vie d'adulte (35 ans)

 Durant la deuxième année de mon enseignement dans cet Institut, étant divorcé, malgré une promesse de remariage à l'Eglise, je fus contraint, par une relation de mon père, de demander une audience à Monseigneur Huart, évêque de tournai qui me dressa une lettre de recommandation pour ma nomination. Mon père était ami de Monsieur Frogneux, ancien enfant de cœur de Jean Huart...une nomination s'ensuivit après une inspection d'Etat qui me fit un rapport très positif sur ma pédagogie

 

Né à Boussu, en province de Hainaut, le 23 mars 1928. Bachelier en philosophie. Docteur en théologie. Candidat en philosophie et lettres. Ordonné prêtre du diocèse de Tournai le 27 décembre 1953. Nommé 99e évêque de Tournai par le pape Paul VI le 2 juillet 1977. Sacré évêque par le cardinal Léon-Joseph Suenens le 25 septembre 1977.

 

Un mariage inespéré à Sorinne-la-Longue : ma soeur

 

En mai 1976, ma sœur Gilberte épousa Robert Brahy, ami de sa jeunesse sorinnoise. Le mariage se fit à Sorinne-la-Longue et ma sœur s'établit à sa demeure. Je me souviens de la chaleur insupportable de ce jour et des innombrables tartes aux fraises de ma mère..

 

Depuis un mois, Marie était à Bruxelles fréquentant la famille Koussangata. Elle semblait lier son retour au domicile à un retour vers son pays natal, et je m'y opposais à tords. La nuit précédant le mariage de ma sœur, j'entrepris des tractations afin qu'elle soit à mes côtés à ce mariage.

Sans doute craignait-elle que j'eusse divulgué notre séparation momentanée...elle refusa obstinément. J'assistai donc seul à ce mariage.

La joie des jeunes mariés, de mes parents et de leurs invités fut quelque peu et -  très malheureusement -  meurtrie de cette absence...

 

L'Institut Saint-Joseph (suite)

 

J'ai écrit de très nombreux articles sur ces trente-cinq années passés dans cet établissement du Hainaut.

Je conserve le souvenir de mon admiration pour l'abbé Selvais qui était la cheville ouvrière de la renommée de son école.

L'Institut était une machine qui tournait avec plus de 300 professeurs, aucun grain de sable n'enrayait le rouage de son organisation

L'abbé dans un travail acharné et fastidieux passait ses nuits à nos horaires...

J'ai noué dans cet établissement des contacts très étroits avec tous les prêtres enseignants dont l'abbé Fagot qui devint un ami précieux

Je garde une vive admiration pour mon collègue Michel Vandromme, trop tôt disparu.

De cette époque, aujourd'hui, il reste à peine une dizaine de professeurs encore en activité, la nouvelle génération s'est outrancièrement féminisée

L'Institut, c'était les grandes fancy-fair , une école hôtelière réputée, des conseils de classe très bien menés, de grandes expéditions vers Anvers en compagnie de mon ami Gilbert Haers à qui je dois également rendre un vibrant hommage pour la fidélité de son amitié.

A la fin de ma carrière, l'abbé prit une retraite méritée et fut remplacé par des directions laïques qui dilapidèrent la réputation de mon école.

En décembre 2007, je franchis la grande porte d'entrée et descendis les marches de pierres bleues pour la dernière fois.

 

Une rencontre avec une jeune fille blanche

 

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Durant mon enseignement à l'Institut Saint Joseph des étapes importantes de ma vie se sont succèdé

 

D'abord, en 1975, je quittai l'appartement du Parc des Saules

pour m'établir avec Marie dans une grande maison de Wavre.

La vie y était tranquille le long de la Dyle.

Nous louions une chambre à un jeune travailleur yougoslave d'à peine 20 ans : Nénad Bozicevic

Celui-ci travaillait à l'usine de batteries Tudor. Très vite naquit une grande  amitié entre nous. Nénad restera fidèle dans son amitié jusqu'à sa mort en 2014 où je revins de France pour son enterrement.

 

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Epris de notre voisine d'en face, il traversa la chaussée pour faire un bout de chemin avec elle.

Au départ de Marie pour le ZaIre, je transformai l'annonce mise auparavant dans "Le Callotteux" "Chambre à louer pour étudiants," en ajoutant une petite lettre: "chambre à louer pour étudiant(e)s" dans le courant de juillet, une jeune fille aux long cheveux bouclés se présenta, visita la chambre et m'averti de sa réflexion. Christine Gustin faisait des études de kinésithérapie et devait faire un stage à l'hôpital d'Ottignies.

En fin août, elle m'annonça réserver cette chambre.

Très vite également, je l'invitai dans mon salon le soir et nous bavardions tranquillement sous la surveillance attentive de mon chien "Bablute"

Dès le départ, les choses avaient été très claires, Christine était au courant de ma situation maritale, du départ de Marie vers son pays, des photos de notre mariage ornaient d'ailleurs le mur de mon salon.

Nos soirées devinrent plus nombreuses et Christine fit la connaissance de mon ami Nénad, de mes autres amis de Wavre ainsi que d'Henri Madiela de la famille Kousangata. J'organisai une grande soirée dans cette villa en son honneur.

 

Je ne présageais pas qu'elle et moi partirions pour une aventure de plus de 30 ans... 

 

 Un retour de Marie Ndenga à Bruxelles - Un déménagement

 

Un jour où je me trouvais chez les parents de Kraainem, je reçus un coup de fil d'un ami avocat (marié à une congolaise) m'informant que Marie Ndenga avait atterrit à Bruxelles-National. Le lendemain, je le vis et m'occupai de lui louer un appartement en l'installant avec les meubles restés à la maison de Wavre.

 

L'envol avec Christine Gustin

 

La vie prit son envol avec Christine Gustin, les soirées se passaient agréablement.

N'ayant pas encore averti ses parents, nous cachions notre relation, lorsqu'elle repartait de Kraainem le dimanche soir, son père la déposait à la gare du Quartier Léopold et je la reprenais en voiture vers Wavre.

Très vite naquit l'intention commune de célébrer un mariage.

Pendant ce temps, je dus accélérer la procédure en divorce avec Marie Ndenga qui ne fit aucune opposition. L abbé Selvais s'enquit de l'évolution des choses. Je lui avait annoncé que mon divorce serait suivi d'un mariage à l'église catholique...

Il vint le temps pour Christine d'annoncer notre relation et nos intentions de mariage.

Je me souviendrai toujours de ma première arrivée à la maison de Kraainem, reçu par sa maman dans la cuisine.

Mon vieux père disait: "pour avoir la fille, il faut avoir l'affection de la maman..."

Un jour, Christine faisait des courses en ville avec sa mère et son père en profita pour m'emmener à Louvain dans des bistrots cavés et il me dit d'un ton sérieux: "alors, vous souhaitez épouser ma fille, où en est votre divorce?"

J'ai peu de souvenirs lorsque j'emmenai ma fiancée chez mes parents. Je dois toutefois concéder leur ravissement

Ce fut ainsi, bientôt je fus reçu dans un grand dîner, puis, ce fut l'invitation des parents chez mes parents à Sorinne.

Entretemps, Christine fut présentée à ma famille plus large et à mes amis sorinnois, je me souviens qu'au Nouvel an, nous mangions dans un resto de Courrière pour ensuite passer la nuit entière au "Black and White" à Ciney et le lendemain, nous passions prendre le petit déjeuner chez mes parents, puis le dîner à Kraainem

Je me nouai d'amitié avec son frère cadet Claude.

 

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Enfin, je rencontrai l'abbé Wéry, ami de la famille qui devait célébrer notre mariage à Bruxelles.

Chaque semaine, nous nous écrivions, j'ai remis à Christine l'ensemble de ses lettres que j'avais précieusement conservées... 

 

 Un mariage à Kraainem

 

Le 14 juillet 1978, j'épousais Christine Gustin à la Maison Communale de Kraainem, mon témoin était ma sœur Gilberte, Christine avait choisi son frère, s'ensuivit un diner sobre à la maison parentale de Kraainem car nous avions différé le mariage religieux de quelques semaines

Celui-ci se fit le 29 juillet à Bruxelles, un apéritif fut offert à nos familles et amis,

puis le grand dîner s'ensuivit dans un restaurant en face du musée du Congo!

Le lendemain, nous partions en voiture en Italie via le Luxembourg et l'Allemagne

 

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Et Une vie commençait avec tout ce que l'Amour vous donne, avec ses joies et ses peines...

 

Dès le début de notre nouvelle vie, nous nous sommes établis dans une maison de la rue de l'Hôtel de Ville à Haine-St-Pierre.

Christine avait été engagée comme kinésithérapeute à l'école du Château de Clairfayt.

C'est là que jeune professeur je fis la connaissance d'un nouveau collègue : Jean Marie Romain à qui je dois beaucoup.

Passionné des cours de français et d'histoire dans mon collège de La Louvière, il fut le prof le plus estimé de ses élèves.

Dès notre première rencontre, l'amitié nous avait soudé l'un à l'autre et jusqu'à ce jour, il n'a jamais cessé de m'aider dans les moments difficiles de ma vie. Je rends ici hommage à un humaniste épris du sentiment de la liberté et du respect des autres.

 

En 1982, nous achetions une maison à la rue St-Alexandre, le déménagement eut lieu fin juin

Des transformations très importantes furent fait par Steve Marchetti, un homme épris d'une grande conscience professionnelle.

En mai de la même année mon père s'éteint à Sorinne-la-Longue

 

Le 3 avril 1983, il neigeait sur La Louvière,

Nicolas Wilmotte naissait à l'hôpital de Jolimont

 

Nos cinq premières années de mariage nous avaient perturbés sur la non-arrivée d'une naissance, je me souviens que la grossesse pour Nicolas avait du être passée au crible d'un test dont j'étais le seul à descendre à la cave, et détecter le changement de coloration, quelle ne fut pas ma joie en remontant les marches de cet escalier...

A l'hôpital après l'accouchement, le docteur Rousseau nous prévint: "voici, maintenant, vous ne serez plus jamais tranquilles dans vos vies!"

Nicolas fréquentera l'école primaire St-Joseph d'Haine-St-Pierre et aura Alain Biset, mon ancien élève devenu ami comme instituteur,

Je rends ici hommage au professionnalisme de cet ami qui lui aussi disparut dans des conditions tragiques

 

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Le 31 décembre 86, 6 jours après Noêl, une petite fille vint s'ajouter à  notre famille: Aurélie Wilmotte

 

Le choix du prénom se fit par élimination des prénoms commençant par C (WC) et V (VW), nous avons donc pris la lettre A

 

La vie de famille suivit son cours avec des vacances à la Mer du Nord.

 

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1987 août... une dame inconnue accompagnée de deux fillettes frappe à notre porte; elle m'annonce le décès de Marie Ndenga

Je fus atterré de cette disparition ne sachant dissimuler mon effarement et ma tristesse devant Christine Gustin qui repositionnaient les sentiments qui me liaient à elle. Nicolas était âgé de 4 ans et Aurélie avait à peine 1 an...

Dans les semaines qui suivirent, je fus mis au courant des circonstances de la mort et j'organisai des funérailles à Bruxelles

Ce fut ma seconde déchirure...

 

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La vie reprit son cours avec toutes les joies de l'enfance, ce temps où tout est à écrire

"L'enfance, qui peut nous dire quand ça commence, qui peut nous dire quand ça finit" (Jacques Brel)

 

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En 1988, Christine et moi passons des vacances à Gran Canaria pour fêter 10 ans de mariage

La maison familiale de Sorinne-la-Longue est vendue en présence de ma maman et de ses deux enfants.

 

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Cette année 95, ma maman décède à Namur, elle rejoint mon père dans le caveau de famille à Sorinne-la-Longue

 

9 années s'écoulèrent ainsi, en 95, Nicolas entrait dans les humanités à l'Athénée de La Louvière et Aurélie était en 3ème primaire à l'école St Joseph d'Haine-St-Pierre

 

Une troisième surprise tombe du ciel:

Emilien Wilmotte naissait à Jolimont, le 24 septembre 95

l'enfant non attendu...comme moi après ma sœur aînée de 10 ans.

 

La famille s'agrandit vraiment, un gamin de 12 ans et une petite fille de 9 ans avec pour compagnon un tout nouveau bébé...

 

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 Nos voyages se multiplient en Italie et en Croatie

 

 Les enfants grandissent, tandis que l'un gravit les échelons des humanités, l'autre termine ses primaires et le troisième entre en gardiennes

 

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Les Années 2000

 

Ce cap du deuxième millénaire m'apportera toutes les sollicitudes

 

De la découverte du diabète chez Emilien en 2005 à la rupture et au divorce avec Christine Gustin en 2009

jusqu'à la perte de ma sœur Gilberte qui était ma seule référence qui furent ma troisième déchirure.

 

 En 1999, nous passons des vacances en table d'hôte dans le Lot-et-Garonne.

J'aurai le coup de foudre pour une vieille fermette abandonnée depuis plusieurs années, en une soirée, l'achat est réalisé

Je n'aurai de cesse depuis cette année de profiter de mes vacances pour la transformer en résidence d'été pour ma famille

Durant ces années, je transforme un garage en chalet pour 4 personnes, en 2008, je fabrique ma propre piscine

 

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Oui, les années 2000 ouvrent leur cortège de mes amis proches disparus...et de ma sœur, ma dernière référence...

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2001 :  mon ami  Robert Lacroix, peintre

20 janvier 2003 :  Claude Gustin, mon beau-frère

juin 2004 :  mon ami Michel Fagot, fondateur du Camp des Houches

2005   mon ami Jacques Salmon, 1er auditeur du Conseil d'Etat

 

2007 :  l'abbé Marc Selvais, directeur de l'Institut St-Joseph de La Louvière

                        2008 :  mon ami Michel Vandromme, ancien collègue

2009 :  mon ami Jojo, journaliste

 

 

 

2010 : mon ami René Caddoux

2011 :  mon ami Jean-Marie Ligot, ancien collègue

2013 :  mon ami Mario, ancien élève

07 novembre 2014 :  ma sœur aînée

  mon ami Nénad Bocicévic

 

 octobre 2015: mon amie Martine Dussewoir

 

 

(Les dates sont sujettes à vérification)

 

 

ET LA VIE RENAIT.....

 

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Le 27 novembre 2012 naît Chloé Wilmotte, fille de Nicolas Wilmotte et Marie-Eve Druart

En 2013 naît Manon Letocart, fille de Corentin Letocart et Aurélie Wilmotte

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un quatrième et nouveau départ vers l'Afrique

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Personnes citées dans cet article


Madame Gilberte Wilmotte

Madame Annie Fossion

Madame Christine Gustin

Monsieur Nicolas Wilmotte

Madame Marie-Eve Druart

Mademoiselle Chloé Wilmotte

Madame Aurélie Wilmotte

Monsieur Corentin Letocart

Mademoiselle Manon Letocart

Monsieur Emilien Wilmotte

Monsieur Michel Brahy

Monsieur Benjamin Brahy

Madame Marie Ndenga

Madame Julienne Muzivuila

Monsieur Pol Kussangata

Madame Annie Deweert

Monsieur Edmond Hébette

Monsieur l'abbé Chytène

Monsieur Claude Vanderhoeven

Monsieur Serge Vanderhoeven

Monsieur Michel Vanderhoeven

Monsieur Francis Vanderhoeven

Monsieur Gaston Libois

Madame Josiane Collart

Monsieur Raymond Mols

Monsieur Louis Richardeau

Monsieur Hannecart

Monsieur Michel Dubois

Monsieur Jean-Marie Dubois

Monsieur Jean Bierlaire

Monsieur Morsaint

Monsieur Claude Morsaint

Monsieur Serge Kets

Monsieur Robert Pairon

Monsieur Fremy

Monsieur Isaac Thiebaut

Monsieur Jean-Pierre Morimont

Monsieur Guy Lauwers

Monsieur Fremy

Monsieur Joseph Thibaut

Monsieur René Mossiat

Monsieur l'abbé Pairoux

Monsieur le chanoine Corbiaux

Monsieur Falay

Monsieur Trépant

Monsieur l'abbé Questiaux

Madame de Galochy

Monsieur De Paepe

Monsieur Henri Van Lier

Monsieur Emile Breda

Monsieur Bouc

Monsieur Gilet

Monsieur Emile Gosselin

Monsieur Herman Rapiez

Monsieur Jacques Preud'homme

Monsieur Jean Mols

Monsieur Charles Boreux

Monsieur Nkavakadila

Monsieur Jean Collot

Monsieur Jacques Lenoir

Monsieur Herman Gaspard

Monsieur Jean-Marie Romain

Monsieur Gilbert Haers

Monsieur Jacques Lenoir

Monsieur l'abbé Wéry

Monsieur l'abbé Selvais

Monsieur Philippe Lafontaine

Monsieur Robert Brahy

Monsieur Sioen

Monsieur Michel Vandromme

Monsieur Nénad Bocicevic

Monsieur Claude Gustin

Monsieur Steve Marchetti

Monsieur Alain Biset

Monsieur Robert Lacroix

Monsieur Michel Fagot

Monsieur Georges Durieux

Monsieur René Caddoux

Monsieur Armand Crucifix

Monsieur Jean-Marie Ligot

Monsieur Mario

Monsieur Jacques Salmon

Monseigneur Jean Huart, Evêque de Tournai

Monsieur le Président Mobutu

S.A.R. le Roi Baudoin

S.A.R. le Roi Philippe

 

 

A la mémoire de ma sœur et de Marie Ndenga,  à Christine Gustin, à mes enfants Nicolas, Aurélie et Emilien, à mes petits enfants Chloé et Manon, à mes neveux Michel et Benjamin et à leur enfants, à Annie Fossion

 

 

 Une dernière étape de vie, un retour sur soi-même (à suivre)

 

 

"Si je recommençais ma vie, je tâcherai de faire mes rêves encore plus grands

parce que la vie est infiniment plus belle et plus grande que je n'avais cru, même en rêve" (Georges Bernanos)

 

 

 

Il n'y a pas de fin, il n'y a pas de début, juste un amour infini de la vie... 

 



28/09/2015
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