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Il n'est pas de montagne plus haute que les marches de l'oubli

le soir du 20/11/08-obtenir la copie de ses examens est un droit

Votre article intitulé: ""un élève a le droit d'obtenir une copie de ses examens"‏

 

Adressé à :Monsieur Philippe Berkenbauw
 
Cher Monsieur,
 
J'ai bien lu votre article...
Mettre en première page le titre "Un élève a le droit d'obtenir copie de ses examens" stigmatise mon attention.
Je suis professeur depuis 35 ans dans l'enseignement libre.
Vous devez être infidèle à ceux qui vous ont formé ou tout au moins "disgracieux" pour propager ce genre d'article à "la une" de votre quotidien.
 
 
Sur base d'un avis de la Commission d'accès aux documents adminiostratifs de la Communauté Française, vous établissez un rapport faux entre des documents scolaires, copies d'examens et des documents administratifs.
 
Vous osez écrire : "il n'est pas rare - je comprends qu'il est assez fréquent -  que des professeurs se contentent de communiquer aux élèves les points obtenus...sans leur remettre la copie concernée."
 
Plus loin dans "votre brouillon", vous tracez de votre plume : les refus des enseignants et des directeurs  d'autoriser les élèves et parents à obtenir copie des épreuves incriminées est même inconstitutionnel."
 
Vous persistez, toujours sous votre plume , en citant l'article 96 du décret Missions de 1997 stipulant que " tous les documents concernant un élève de l'école peuvent être consultés sur place"
 
Vous êtes consternant en écrivant que : " nombre d'écoles refusent de délivrer copie ... ou certains professeurs peu désireux que les parents jugent la qualité de leur correction"
 
 
Ces propos sont  diffamatoires pour le corps professoral tout entier.

 
1° L'ensemble des professeurs que j'ai fréquentés pendant plus de 35ans ont eu suffisamment de compétence  pour juger souverainement de l'acquis de la transmission des savoirs, des savoirs-être ainsi que des savoirs-vivre.
 
2° Le Conseil d'Etat vous dira que le Conseil de classe est souverain dans ses décisions, que les discussions qui s'y passent pour la réussite ou l'échec d'un élève sont strictement de son ressort et que nul professeur n'a le droit d'en divulguer leur teneur.
 
3° Les parents ne me semblent  pas avoir la compétence requise pour juger  de la correction d'une copie d'élève.
 
4° Les professeurs - et ils ont raison- jugent "souverainement en rapport  avec les avis de leurs collègues si l'élève  dispose des capacités suffisantes pour affronter l'année suivante .
 
5° Dans ma carrière, je ne connais aucun cas où un professeur aurait refusé de montrer à chaque élève - en particulier- et ceci à l'issue de la réunion des parents de fin d'année - la copie de son examen à chacun de ses élèves.

Au contraire, le professeur de branches  et le titulaire de classe a le devoir d'insister sur les carences particulières de l'élève dans tel ou tel cours.

Pour les épreuves de première session, à la rentrée, le 1er cours est destiné à montrer les carences de chaque élève avec copie de sa feuille d'examen à sa disposition (voir Décret Mission)
 
6° La qualité  et le contrôle de la correction des examens est régie par les Inspecteurs d'Etat chargés de cette mission, ils n'appartient pas au monde parental d'en juger, ils ne sont d'ailleurs pas formés pour cela.
 
7° Je suppose que votre article s'adresse aux écoles de l'enseignement secondaire, je vous inviterai à prolonger votre enquête dans le monde des établissements supérieurs et universitaires où  -il est vrai –  aucun contrôle n'existe.
 
8° Contrairement à ce que vous interprétez par la décision du Conseil d'Etat, une copie d'examen ne ne me semble pas constituer un document administratif .Ce qui est administratif , c'est le diplôme ou tout autre document « administratif »
 
9° Les écoles doivent refuser de transmettre aux parents copie de l'examen au nom de l'égalité des chances de chacun. Une même dissertation sera jugée différemment par des professeurs différents, avec des aptitudes et un cheminement linguistique différent…Cela vaut aussi pour la note des copies de ces deux élèves par un même professeur.


Quelle sera la répercussion de la formation scolaire lorsque des copies d'examens voyageront dans le monde parental et que des comparaisons seront faites sur des bases erronées et non-objectives ?


10° Vous êtes devenu rédacteur grâce à des professeurs qui ont protégé l'anonymat de vos propres copies, et qui je n'en doute point, qui les ont consciemment corrigées.
 Savez-vous que lorsqu'un professeur - dans l'enseignement de la Communauté Française - corrige un examen,  celui-ci ne peut connaitre le nom de l'élève?
 
L'éclairage et les commentaires de votre article vont  à contre-sens de tout ce qui a été choisi par le monde enseignant, par les autorités publiques afin de réduire le particularisme, c'est à dire le favoritisme.
 
Avec le sentiment de ma déception Guy Wilmotte,



Mail réponse de M. Berkembauw:


De : Philippe Berkenbaum (Philippe.Berkenbaum@lesoir.be)

Risque moyenVous ne connaissez peut-être pas l'expéditeur.Autoriser|Bloquer
Envoyé : vendredi 21 novembre 2008 9:53:28
À : maniemo@live.be
Cher Monsieur,
permettez-moi à mon tour d'être consterné à la fois par votre
conception assez rétrograde des rapports entre professeurs, élèves et
parents, ensuite par votre lecture très personnelle de mon article, qui
se bornait à évoquer des règles de droit, lesquelles ont été rappellées
par des institutions judiciaires et administratives.
Je manque malheureusement de temps pour vous répondre point par point,
mais je ne manquerai pas de le faire prochainement si j'en ai
l'occasion.
Bien à vous,
     Réponse au mail reçu de M. Berkenbauw

A Monsieur Philippe Berkenbaum

Journaliste

Le Soir

 

Concerne votre réponse de ce 26 courant

 

 

Cher Monsieur,

 

J'ai bien reçu la réponse que vous apportez à ma vive réaction à votre article intitulé : « Obtenir la copie de ses examens est un droit »

Je ne m'attendais pas à une réponse aussi rapide et nette de votre part.

Ceci prouve que mes propos quelque peu impulsifs ont déclenché le souci d'objectivité de votre personne et de votre fonction.

En dépit de certains arguments développés dans ma réponse, j'ai la conviction que vous êtes comme beaucoup de vos collègues un journaliste de talent

C'est pourquoi je me permets de préciser le sens de ma pensée :

 

A la relecture de votre article, ce qui peut paraître « insidieux » c'est que le titre de votre article n'est pas en corrélation avec les premières lignes de son contenu :

Vous dites bien – et vous avez raison – « ce n'est qu'un avis et  ce point de vue ne s'impose donc pas aux directions d'écoles. »

 

Vous relatez ensuite le cas de l'élève L. « dont les parents se heurtent au refus catégorique de l'école de leur livrer copie des épreuves d'examens ratées. »

Plus loin dans votre article, vous faites mention du Décret Mission de 1997 qui stipule que « les documents concernant un élève de l'école doivent être consultés sur place » C'est sur cette base qu'encore une fois –et vous avez raison – les directions d'écoles refusent de délivrer copie des feuilles d'examens aux parents.

 

Pourquoi ?

 

¨Parce que les parents ne peuvent se substituer au rôle joué par le Conseil de classe qui regroupe tous les professeurs et la direction.Même en disposant des copies des branches en échec, ils n'on donc pas en mains tous les éléments qui ont amené le Conseil de Classe à prendre une décision d'échec.Celui-ci prend en considération l'évolution de l'élève dans ses compétences, dans ses aptitudes, dans ses savoirs-faire, dans son sens de l'effort tout au long de l'année scolaire.Pour prononcer une décision d'échec, il tient également compte du nombre d'heures d'échec représenté par les branches en échec.

Sur un horaire de 32 heures/semaine, un échec en math à 6 heures représente 6 heures d'échec, si l'on y ajoute un échec en langues : 8 heures d'échec…si l'élève présente en plus un petit échec en histoire : 2 heures, nous sommes à 16 heures en échec/32

Je veux vous dire par là que le Conseil de classe évite de comparer des résultats d'élèves, chaque cas est traité au cas par cas, ce n'est pas le nombre d'échecs qui détermine la sanction mais la profondeur de ceux-ci en fonction de la spécificité de l'orientation que l'élève a choisie.

Avoir un échec en orientation mathématiques à 6 heures est plus grave qu'avoir un échec en section en section langues avec maths à 2/4 heures.

De plu,s pour éviter tout favoritisme, un professeur ne pourrait insister sur le redoublement de l'élève en prétextant un faible échec dans sa branche, il risquerait – à juste titre- de ne pas être suivi par ses autres collègues et le Conseil de Classe prononcerait une décision de réussite.

 

Pourquoi ?

 

Parce qu'à partir du moment où les écoles délivrent les copies d'examens aux parents, ceux –ci et les élèves d'abord ne pourront s'empêcher d'établir des comparaisons qui seront sorties du contexte des discussions du Conseil de Classe.

2 copies de néerlandais avec toutes deux le même résultat de 35/80 ne sont pas semblables et n'ont pas le même impact dans la décision du Conseil de Classe, l'un sera assorti de 3 ou autres échecs, l'autre n'aura par exemple que cet échec.

 

Pourquoi ?

 

S'il s'agit des langues par exemple, pour soumettre l'échec ou la réussite de l'élève devant le Conseil de Classe, le professeur se base sur les 4 aptitudes à savoir :

-         aptitude à la compréhension à l'écrit

-         aptitude à la compréhension orale

-         aptitude à l'expression écrite

-         aptitude à l'expression orale

C'est sur base du résultat global de la réussite à ces 4 aptitudes que le professeur fait sa proposition devant le Conseil de classe.

Comment allons-nous justifier aux parents des résultats d'un élève dans ses aptitudes à l'expression orale ?

 

Revenant sur les arguments de ma réaction, je ne vous cache pas que j'ai été heurté lorsque vous proposez aux parents de juger de la qualité des corrections des copies d'examens, d'autant plus que votre ligne semble insidieusement construite : « certains professeurs sont peu désireux que les parents jugent de la qualité de leur correction »

Vous faites là une généralisation hâtive et tout à fait injuste.

 

Enfin, je vous dirais que je suis pour la transparence.Tous les professeurs doivent avoir l'occasion de montrer les copies d'examens à leur élèves, de les analyser à la lumière de sa correction et des fautes que l'élève a faites, ceci dans un climat de confiance et rien n'interdit à ce que les parents soient présents lors de cette analyse.

 

M'excusant d'avoir été si long, je tenais à vous expliquer les raisons de l'emportement de ma réaction en vous donnant ce nouvel éclairage,

 

Je vous prie d'agréer, Cher Monsieur Berkenbaum, l'expression de mes meilleures salutations,

 



21/11/2008
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