Petite mise au point: mes positions contrastées entre les sociétés africaines et européennes

Dans de nombreux articles, je me suis toujours attaché à souligner la grande solidarité des familles africaines.

 

Il y a une soixantaine d'années d'ici dans les années 50, nos sociétés européennes vivaient dans les mêmes contingences, je me souviens que ma grand mère devenue folle était recueillie par ses enfants, mon père, son fils... à tour de rôle. Les maisons de retraite "fourre-tout" n'avaient pas encore vu le jour, c'était le temps des grandes réunions familiales, de l'esprit des grandes familles qui se rassemblaient et se solidarisaient lors de grands travaux familiaux. Je me souviens de ces familles de 8 à 10 enfants dans mon village...

 

Je revis ici dans l'Afrique d'aujourd'hui,

l'ambiance de ces grandes familles où les générations s'entrecroisent et s'entraident.

 

Je me souviens dans les années d'après guerre que nous visitions ma grand mère dans sa masure de Florée où il n'y avait pas d' électricité, seul le quinquet éclairait les ombres, parfois, mon père me prévenait de ne pas accepter son café car il lui arrivait de mettre du charbon dans le "filtre" fait de papiers journaux. Qui de ma génération ne se souvient des WC extérieurs en plein hiver munis d'une planche et des papiers de journaux découpés en huit pour nous essuyer, au printemps, leur fosse était vidée avec des casques allemands emmanchés par nos pères pour enrichir les choux de notre jardin. dans les années d'après-guerre, seul le poste à galènes donnait des bribes d'actualité, la télévision vint enfermer chaque famille chez elle...

 

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Le prêt-à-porter n'était pas encore né, nos parents cousaient et tricotaient sans cesse durant les soirées d'hiver.

 Plusieurs fois par semaine, les "vieux" villageois se réunissaient chez l'un d'entre eux pour les interminables parties de cartes

 

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Il y avait même de  ces soirées où dans certaines maisons, certains jouaient beaucoup d'argent au jeu de la banque avec le curé du village...

Beaucoup d'adultes, enfants de cette époque, en gardent des souvenirs de solidarité intense.

 

Dans la lointaine brousse africaine d'aujourd'hui,

60 ans plus tard, les hommes et les femmes vivent ces mêmes contingences.

 

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Mais ici, tout est contraste, beaucoup de citadins sont passés - en un seul saut - de la société tribale au numérique moderne.

 

Dans les grandes villes du Sénégal, comme chez nous mais à une vitesse exponentielle, les familles se disloquent, les verrous des principes musulmans sautent les uns après les autres, toute la société citadine se désolidarise, s'individualise. La jeunesse a jeté à bas les principes des anciens, rien n'arrête la montée de l'océan.

 

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La grande question des hommes est sans doute la suivante: à travers le développement des sociétés modernes, à travers un  meilleur confort, les hommes sont-ils plus heureux?  ou trouvent-ils leur bonheur dans un individualisme illusoire qui les avilit?

 

Le retour en arrière n'est pas possible...et pourtant, jamais les hommes n'ont eu autant de possibilités de communication entre eux, jamais ils n'ont été aussi seuls se réfugiant dans les nouvelles relations virtuelles  qui paralysent la solidarité sociétale.

 

Comment et avec quels moyens empêcher cette outrancière individualisation galopante de la société africaine

en préservant les liens solidaires de ses communautés?

 

Cette transition sociétale a des implications gravissimes sur tout le développement des sociétés africaines, l'exode rural de paysans abandonnant leurs terres, attirés par le mirage financier du "mieux-vivre des villes provoque un appauvrissement de l'agriculture, qui empêche l'auto-suffisance alimentaire de leurs pays et intensifie dans les villes la précarité des nouveaux citadins.

 

Je reste infiniment persuadé que la clef d'un développement humain des sociétés africaines ne réside nullement dans des accords bilatéraux avec des prêts à coup de milliards dont les remboursements pèseront sur les générations futures mais au contraire sur

 

7 mars 2018: en 2011 l'eurobond initié par le Sénégal, les marchés financiers internationaux avaient consenti un prêt de 500 millions de dollars au Sénégal à un taux de 8,75%  - hier a été consenti à Paris un prêt d' un milliard d'euros à 4,75% et un milliard de dollars

à 6,75% sur 30 ans.... 

L'EDUCATION, L'ENSEIGNEMENT, LA FORMATION de leur jeunesse.

 

Plus on fabriquera une société formée de gens incultes, plus on ira vers la non-émancipation des masses, plus on déresponsabilisera et démobilisera une jeunesse avide d'autonomie intellectuelle,  plus on accentuera sa dépendance religieuse et politique...

 

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Les Etats africains ont la mission première de sortir la majorité de leur jeunesse de l'analphabétisme, de leur procurer des formations adaptées à tous les secteurs de la vie économique. 

Ils doivent aussi apprendre à démocratiser leurs pouvoirs trop asservis à l'influence de leurs communautés religieuses afin de restaurer à tout prix des Etats de droit. 

 

 

 

 



07/03/2018
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"pourquoi les gens qui s'aiment se séparent-ils...parce qu'ils ne se séparent jamais...même quand ils se séparent"


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