Presse sénégalaise Législatives de 2017

A la veille de ces élections, tous les sénégalais, s’attendaient et se préparaient à une organisation catastrophique. La réalité leur a donné raison. Contrairement au Président de la République qui « se réjouissait du bon déroulé du scrutin » (déclaration faite après son vote à Fatick), les électeurs sénégalais sont vraiment déçus de la gestion des cartes biométriques et du déroulement des élections, donc, en clair, du Ministère en charge de cette organisation.

 

Monsieur le Président, n’avez-vous pas vu ce qui s’est passé à Touba (des bureaux de vote saccagés), à Mbour (le vote a commencé à 13h dans certains centres), au Bergame en Italie, (le vote est tout simplement annulé), en France et à Paris notamment (une désorganisation, vote confus) pour ne citer que cela ?

 

Monsieur le Président, tout le Sénégal est d’accord pour dire que c’est la PIRE élection que le pays ait jamais vécue. Au-delà de la défaillance organisationnelle et des comportements vat’en-guerre de certains militants et leaders de partis, la discipline des Sénégalais est également à pointer du doigt. Les violences et attaques personnelles qui ont marqué cette campagne ne devraient pas avoir lieu. Ce qui s’est passé pendant la campagne notamment à Grand Yoff, Rufisque, Sangalkam, Médina… et le jour du scrutin à Paris, au Palais des Congrès de Montreuil, montre a quel point la discipline est une qualité encore rare chez nos concitoyens.

 

Pourquoi, nous Sénégalais, n’obéissons-nous pas à l’Autorité ? Pourquoi, nous Sénégalais, ne respectons-nous pas les règles? Pourquoi, nous Sénégalais, pensons-nous toujours être au-dessus de tout le monde ? Et pourquoi accusons-nous systématiquement nos autorités étatiques et consulaires? Est-ce seulement une question d’incompétence comme le murmurent certains ?

 

Je ne m’alignerai sur cet argumentaire, même si force est de constater l’amateurisme, le manque de rigueur et de professionnalisme de nos gouvernants dans la gestion des affaires de la cité. Ce que nous avons observé ce Dimanche 30 Juillet à Paris prouve une fois de plus le manque de vision de nos représentants politiques (de tout bord) et à quel point ils sous estiment leur responsabilité.

 

Mais parlons également de nous et plus particulièrement de cette génération « Y », hyper connectée qui passe tout son temps sur les réseaux sociaux à critiquer le pouvoir, l’opposition et la société sénégalaise dans sa globalité. En dépit de l’absence du taux de participation officiel, cette génération soit disant si active et engagée était aux abonnés absents ce dimanche. Même si les réseaux sociaux sont des propulseurs de changement, le rendez-vous avec les urnes ne peut pas se faire à distance. Le bulletin de vote est essentiel pour que le changement s’opère.

 

N’est il pas temps de quitter les ordinateurs et d’aller manifester son opinion dans les urnes ? N’est il pas temps de laisser la place aux actes plutôt qu’aux paroles ? Le temps suspendu des élections est maintenant fini et le temps du quotidien reprend les rênes.

 

Seul le travail pourra nous conduire à une « émergence », un sursaut, une reprise en main de notre destin connecté au reste du monde qui rendront poussiéreux les discours et les promesses creuses des politiciens. Enfin, pour finir, ayons à l’esprit cet avertissement de Joseph Ki-Zerbo qui disait en langue Dioula “n’an lara an sara” (si nous nous couchons, nous mourons). Amath DIACK



03/08/2017
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"pourquoi les gens qui s'aiment se séparent-ils...parce qu'ils ne se séparent jamais...même quand ils se séparent"


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