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Il n'est pas de montagne plus haute que les marches de l'oubli

Une journée dans mon village peul de Khomkhoma

 

 "Quitter l'Afrique, c'est quitter une femme amoureuse..."

 

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Si vous cliquez sur les photos, elles s'agrandiront...

 

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Dans mon village peul à quelques 40 km de chez moi, les jeunes filles sont les premières à se lever.

Dès l'aube, elles vont chercher de l'eau...Dans l'Afrique d'aujourd'hui, on va toujours chercher de l'eau avec des sceaux  sur la tête... à pied comme il y a 50 ans.

Khomkhoma c'est un village heureux, un village de quelques 150 âmes, avec la chef Binta Sow et mon ami le grand Mamadou Ka. Pour l'accès à l'eau, il suffit de descendre un talus escarpé et sablonneux pour arriver au fleuve, le Sénégal. Sa rive septentrionale est située en Maurétanie, sa rive méridionale dans un pays qui porte le même nom, le Sénégal. Nous sommes à la limite du Sahara et d'une large zone de savane aride, semi-désertique: le Sahel. A quelques centaines de kilomètres en direction du sud vers l'équateur, la savane cède la place à un espace humide et palustre, la forêt tropicale.

 

Une fois descendues au fleuve, les jeunes filles remplissent d'eau de hauts baquets en métal et des seaux en plastic jaune qu'elles posent ensuite mutuellement sur la tête.

Puis elles escaladent le talus friable tout en causant et rentrent au village. Le soleil se lève et ses rayons scintillent à la surface des récipients, l'eau tremble et miroite comme de l'argenterie.

Elles regagnent leur maison, leur cour. Avant de gagner le fleuve, elles se sont habillées avec soin et minutie, toujours de la même façon: une robe en percale brodée, ample, qui descend jusqu'au sol et  leur recouvre soigneusement tout le corps: Khomkhoma est un village islamique et rien dans le vêtement de la femme ne doit trahir un désir de séduction.

 

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La résonance des récipients  posés à terre et le clapotis de l'eau font l'effet de la cloche dans une église de campagne: ils réveillent tout le monde. Des cases, car ici il n'y a que des cases, sortent des nuées d'enfants. Les gamins ici, il y en a en pagaille, comme si le village était un immense jardin d'enfants.

 
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A peine ont-ils franchi le seuil qu'ils font leur pipi du matin, n'importe où  à droite et à gauche, insouciants et joyeux. Soulagés, ils se précipitent sur les seaux pour boire. Les fillettes et seulement elles, se débarbouillent le visage. Cela ne viendrait pas à l'esprit des garçons. Puis les enfants cherchent des yeux un petit déjeuner, en réalité ici, la notion de petit déjeuner n'existe pas: si l'un des gamins a de quoi manger, il mange. Cela peut être un morceau de pain ou des biscuits, un bout de manic ou de banane... Jamais il ne mangera sa portion seul, car les enfants partagent tout. Le reste de la journée ne sera plus qu'un quête permanente de nourriture.
Le village résonne d'aboiements de chiens, de gloussements de poules, de meuglements de zébus  de cris de chèvres... Ici tout est mélangé, bétail, volaille, cochons, il n'y a pas d'étable, ni d'écurie, ni de porcherie, ni de poulailler...

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Après les enfants, c'est au tour des adultes de sortir des cases, les hommes étendent sur e sable de petits tapis et récitent leur prière matinale. Concentrés, coupés du monde, ils prient au milieu de l'agitation générale, les enfants courent, les femmes s'affairent. A cette heure de la journée, le soleil occupe l'horizon pour de bon, éclaire la terre, pénètre le village. Sa présence est très sensible, il fait chaud tout de suite...

Puis commence le rituel des visites et des salutations matinales. Tout le monde rend visite à tout le monde. Cela se passe dans la cour, personne n'entre dans les habitations, les cases en effet ne servent qu'à dormir ou à faire la sieste.  Parfois, le visiteur de l'extérieur se voit offrir le matelas pour se reposer.

Chacun commence la journée par les voisins les plus proches, au début, on échange des questions et des réponses: "Comment as-tu dormi?  -bien - et ta femme? -bien aussi et les enfants? - bien - as-tu fait de beaux rêves? As-tu vu l'ombre dans les fourrés hier soir?  et ton invité?............

Cela dure très longtemps. A cette  heure, il n'y a pas moyen de traverser le village tranquillement. Cet interminable échange de questions et de salutations est incontournable. Il se pratique de tête à tête.

Les salutations jouent un rôle capital dans l'évolution des relations. L'essentiel, c'est de manifester dès le début, dès la première seconde, une joie et une cordialité spontanées. La poignée de mains annule les forces contraires, on est heureux de se rencontrer et l'on est bien disposé l'un à l'égard de l'autre.

 

Très vite, on s'aperçoit que dans la tradition et l'imaginaire des peuls, la notion d'espace divisé, différencié n'existe pas. Dans le village,il n'y a pas un seule clôture, pas une palissade, pas un enclos, pas un grillage, pas un fossé, pas une borne. L'espace et un, commun, ouvert, transparent.

Aucun rideau n'est accroché, aucune barrière, aucun obstacle, aucun mur...

L'africain méprise tout ce qui délimite. Il s'efforce de détruire tout obstacle, il brise toute barrière.

 

Puis chacun vague à ses occupations journalières... certains partent avec les troupeaux de zébus, d'autres binent leur lopin de terre près de leur case pour y planter du manioc, du maïs, du riz... Le travail se fait au rythme lent et cadencé: une augmentation du rythme affaiblirait l'homme. La vie ici est un équilibre instable entre la survie et la destruction, entre la santé et la maladie... 

 

Moi, le blanc...

 

La pensée européenne est encline à la réduction rationnelle, à la classification systématique et aux simplifications, elle fourre volontiers tout ce qui est africain dans un même sac et se satisfait de stéréotypes faciles...

 

Chez l'africain, le corps se compose d'esprit et de sang. L'enfant appartient à la mère et à son clan.

Ici, la famille est toujours nombreuse, quelques dizaines de personnes. Passer du temps ensemble est une des valeurs de la famille africaine. On habite au même endroit, les uns près des autres: nombreuses sont les tâches qui ne peuvent être assumées qu'en collectivité...

L'enfant grandit et voit d'autres familles vivre autour de lui, c'est le clan avec un ancêtre commun.(une femme et un homme appartenant au même clan ne peuvent avoir de relations sexuelles...

A la tête du clan se trouve le chef élu par l'ensemble du clan et il devient une personne sacrée. Il n'a plus le droit de marcher pieds nus, ni de s'asseoir directement par terre. Il est interdit de le toucher ou de dire du mal de lui. Il réunit les vivants et les ancêtres.

 

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De leur côté, les femmes préparent le repas dès le matin. le repas de midi car ici on ne mange qu'une seule fois par jour. On ne mange jamais à l'heure fixe... On mange tout simplement quand le repas est prêt. Au village,il y a des pauvres et des moins pauvres: c'est la quantité de riz et non la diversité des plats qui les différencie.

La préparation du repas prend à la femme la majeure partie de son temps. Dès le matin, elle doit aller chercher du bois, la recherche de brindilles, de bâtons est une occupation longue et pénible. Une fois qu'elle a enfin réuni et rapporté un fagot, une fois qu'elle a le bois et 'eau, elle peut commencer à préparer le riz

 

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La principale richesse des peuls est leur bétail: des zébus, une race de vaches à grandes cornes en forme de sabre. Ces vaches ne sont pas abattues car elles sont sacrées. Les peuls se nourrissent de leur lait qu'ils transforment en maquée ( le sow) et que les femmes vont vendre sur les marchés parfois jusqu'à Dakar. Le zébu est une valeur universelle: il permet de mesurer la richesse, le prestige, le pouvoir. Plus on a de zébus, plus on est riche, plus on est riche, plus on a de pouvoir...

 

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Dès grand matin la fille de la chef Binta va faire quelques couses au marché, je l'ai maintes fois accompagnée au marché de Sindia à 2 km du village....

 

En Afrique on distingue nettement le marché de ce que nous appelons centre commercial.

Le marché est un univers complètement différent. C'est un événement naturel, spontané, une improvisation, un festin populaire, un concert en plein air.

Le marché en Afrique, c'est le royaume de la femme. Le marché est un lieu de négoces mais aussi de rencontres,une façon de fuir la monotonie quotidienne. Les femmes se parent de leurs plus beaux atours après s'être laborieusement coiffées entre elles. Le marché d'Afrique est une revue de mode permanente... La marchandise n'est qu'un prétexte pour entretenir des relations...

Une femme vend par exemple trois tomates ou un petit pot de couscous. Quel bénéfice peut-elle en tirer? Que peut-elle acheter avec le fuit de sa vente? Pourtant, elle passera au marché une journée entière...Elle est assise, discute sans relâche avec ses voisines. Puis affamées, elles finissent toutes par se partager les produits qu'elles avaient l'intention de vendre.

Le marché africain, c'est un immense entrepôt de pacotille, de bric et de broc. Une mine de bricoles et de camelote...Ici naît la passion de l'africain: le commerce.

 

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Nous sommes assis à l'ombre des eucalyptus, des mimosas, sous un immense manguier branchu ou sous un bougainvillier rouge flamboyant, des forsythias jaune vif.

 

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Vient l'heure du repas de midi. Les peuls se divisent en groupes de six à huit personnes et s'assoient à même le sol,en rond, au milieu, une fille pose une bassine garnie à moitié de riz copieusement arrosé d'une sauce brune épicée et de ci-delà quelques morceaux de poissons, c'est le plat quotidien de tous les sénégalais, la fameuse "thieboudienne"!  On mange selon la coutume locale:chacun à son tour tend la main droite vers la bassine, prend une poignée de riz, la presse au-dessus de la bassine afin d'en extraire la sauce et met à la bouche la boulette ainsi obtenue, on mange lentement, avec gravité, en respectant le tour de chacun afin que personne ne soit lésé; il y a beaucoup de rites dans ce repas car bien que tout le monde ait faim, personne ne déroge à la règle, ne se précipite, ne triche... Quand a bassine est vide, on apporte un seau d'eau froide, dans lequel, chacun, à tour de rôle encore,  vient puiser un grand gobelet. Puis on se lave les mains.

 

Personne ne fait de provisions, où les mettre? Ici, on vit dans l'immédiat, au jour le jour, on ne fait pas de projet. On ne rêve pas à demain ni aux jours qui viennent. On vit dans l'instant.

 

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Midi arrive.... c'est l'heure où la chaleur est tellement intense que tout s'arrête, s'engourdit, se meurt.

Le va-et-vient autour du feu et des marmites se fige aussi. A cette heure, le village entier se vide, s'éteint. Un jour, j'ai fait un effort sur moi-même et, en plein milieu de journée, je suis allé de case en case. Dans toutes les huttes, sur les sols d'argile, sur des nattes, sur des grabats, les gens étaient étendus en silence. Le village ne donnait plus le moindre signe de vie.

En Afrique, l'aube et le crépuscule sont les heures les plus agréables: le soleil  ne vous brûle pas encore ou ne vous tourmente plus. Il vous laisse en paix!

 

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En Europe, ce qui s'appelle soir ou crépuscule dure ici à peine quelques minutes, ou plutôt n'existe pas.

Il y a le jour et aussitôt après, la nuit , comme si quelqu'un en un tour de clé coupait le courant  du soleil... Le village de Khomkhoma n'a pas encore d'électricité.... Les clairs de lune sont son seul éclairage. Sans lune, on ne voit plus rien, on perd le sens de l'orientation, dans ce noir profond, les gens discutent entre eux, sans se voir. L'obscurité isole et de ce fait renforce le besoin d'être ensemble, en groupe, en communauté. Et pourtant les premières heures de la nuit dans ce village peul sont la période la plus conviviale... Personne ne veut être seul à cette heure. Ici, la solitude n'existe pas!

Ici, les enfants ne se couchent pas avant les adultes, on se rend au pays des rêves ensemble, tout le monde en choeur, la famille, le clan, le village.

On s'éclaire à la torche des portables, je me souviens, étendu à plat ventre sur le sol, avoir aidé des enfants à faire leurs devoirs du lendemain...

Ici, tous vivent ensemble, enfants, adultes, vieux, ils ne se séparent jamais. Même après la mort, leurs esprits restent parmi les vivants!

En Afrique, la nuit appartient aux esprits. C'est ainsi que la place sous le manguier  est désertée jusqu'au lever du jour. A l'aube, le soleil réveille les hommes  qui commencent aussitôt à se défendre contre ses rayons brûlants, à chercher la protection de l'ombre. En Afrique, la vie humaine dépend d'éléments aussi fugaces que l'ombre, l'arbre est plus qu'un arbre, il est la vie.

Si dans le village il y a un instituteur, l'arbre tient lieu d'école, Il entraîne sous ses ramures les enfants du village tout entier.

Quand arrive midi et que le ciel blanchit, tous ceux qui le peuvent se réfugient sous l'arbre: les enfants, les adultes et même le bétail, vaches,brebis et chèvres...

L'après midi, les choses sérieuses commencent: les adultes se retrouvent sous l'arbre pour tenir conseil. L'Africain a une mentalité collectiviste : il nourrit le besoin intense de participer à tout ce qui fait la vie du groupe. C'est en commun que l'on tranche les disputes et les conflits, que l'on décide qui recevra telle terre à cultiver. La tradition veut que toute décision soit prise à l'unanimité... si quelqu'un n'est pas d'accord, la majorité tente de le convaincre jusqu'à ce qu'il change d'opinion. Les célèbres palabres sous l'arbre.

 

Le coeur de l'Afrique est en permanence chauffé à blanc. Si l'on commet l'imprudence de sortir de l'ombre, on s'enflamme comme une torche.

 

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Les peuls m'ont raconté qu'un soir, ils se sont retrouvés nez à nez avec un éléphant, de son regard perçant il est resté silencieux et passa entre les tables, les habitants restaient assis, pétrifiés, personne ne bougeait, car cela aurait pu déchaîner sa furie... il les fixait de ses yeux lugubres, à vrai dire, on ne sait pas ce qui se passe dans la tête de cet effroyable seigneur et puis après de multiples hésitations, il s'en est allé dans les ténèbres de la nuit...

En Afrique, l'esprit prend toujours la forme de l'éléphant car l'éléphant ne peut être vaincu par aucun autre animal, ni par le lion, ni par le buffle,ni par le serpent. 

Dans le silence, tout le monde a regagné sa case. Les garçons ont éteint les lumières sur les tables. Il faisait encore nuit... mais le moment le plus éblouissant en Afrique approchait...

 

Le point du jour...

 

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 FEMMES PEULS DE MON VILLAGE....

 

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ENFANTS PEULS

 

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*** Demain à l'aube, le grand soleil réveillera à nouveau les hommes...jusqu'à la fin du monde... ***

 

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Il fait encore nuit , et soudain des ténèbres émerge ...le soleil.

 

Tout d'un coup, on aperçoit une boule de feu si proche qu'on prend peur. Cette boule glisse dans notre direction, de plus en plus près...

La vue du soleil agit comme un coup de feu donnant le signal du départ: aussitôt le village se met en mouvement., comme si la nuit les hommes étaient restés à l'affût et que maintenant, à l'appel du soleil,  ils démarrent en trombe... D'emblée, les rues sont bondées, les magasins ouverts, les feux allumés, les cuisines fumantes...


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ECOLIERS DE KHOMKHOMA 

 

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Une dernière réunion sur la place du village

 

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L'Afrique, le Sénégal et mes peuls resteront dans toutes mes respirations jusqu'à la fin de ma vie.


(prochain article: La Tabaski chez mes peuls)




06/08/2020
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